Kanaky

  • Kanaky, enfin libre !

    Les communes de la côte ouest (nouméa, paita, dumbéa, mont-dore, la foa, bourail ...) sont bel et bien des villes fascistes! 
     
    Le vivre ensemble est mort.
     
    Par contre vu que "La colonisation est un crime contre l'Humanité", les colonies sont libres, Kanaky est indépendante et ça c'est une bonne nouvelle, alors les nazillons, il n'y a plus qu'à rentrer chez vous. 
     
     valise en cuir avec des etiquettes

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  • Boycottttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttttt !!!

    Le Parti Travailliste demande l'inscription automatique et sans condition des Kanak sur la liste référendaire de 2018.

    Louis  Kotra UREGEI, Président du Parti Travailliste : 
    "Nous n'irons pas au référendum si les Kanak ne sont pas inscrits sur la liste référendaire, nous prônons le BOYCOTT.
    Nous n'irons pas à un référendum bidon, à une mascarade de référendum."

     
     Jeudi 23 Mars 2016
    Invité : Louis Kotra Uregeï Président du Parti Travailliste

    Pour réécouter l’interview :  http://www.rrb.nc/l-invite-du-matin

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  • Rock Wamytan sur NCI. Saint Louis, délinquance, responsabilité de l'État colonial.

    L’Invité Politique de NCI : Rock Wamytan, Président du groupe Union Calédonienne (UC) – Front de Libération Nationale Kanak Socialiste (FLNKS) au Congrès de la Nouvelle Calédonie. L’entretien intégral du 16 février 2017 : Saint-Louis, délinquance, responsabilité de l’État colonial. Sans détour, Rock Wamytan répond aux questions de Maxime Le Braz.


    NCI - L’Invité Politique du 16 février 2017... by quenem

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  • Les colons israéliens débarquent dans la colonie de Kanaky

    Ouverture d’un nouveau centre Habad dans l’archipel de Nouvelle- Calédonie Image associée

    Avec une population de plus de 250 000 personnes, le territoire français a maintenant un rabbin qui servira les 250 Juifs vivant sur l’île


     Le mouvement hassidique Habad, qui dirige des centres juifs dans plus de 90 pays, a ouvert une boutique sur une île du Pacifique appartenant à l’archipel de Nouvelle Calédonie, qui compte 250 000 résidents dont 250 Juifs.
     
    Les émissaires du mouvement de l’île, qui est un territoire français, sont les rabbins Menachem et Bassie Sabbach.
    Le rabbin est francophone, ses parents ont été élevés en France.

    Il a grandi à Melbourne, en Australie, située à 2 500 kilomètres au sud-est de son nouveau poste.

    Sabbach est originaire de Manchester, au Royaume Uni, selon un rapport publié sur le site du mouvement concernant l’ouverture du centre Habad là-bas.

    Le couple qui a deux fils de moins de quatre ans, travaillera avec la communauté locale, qui, le jour de Rosh HaShana, a pu organiser un dîner festif comprenant 70 convives, notamment des touristes juifs venus en Calédonie pour ses célèbres plages et sa beauté naturelle.

    Le journal le Monde au mois de décembre avait qualifié l’archipel de ‘paradis naturel intact’.

    La nouvelle Calédonie, qui, en 2014, a reçu approximativement 100 000 touristes, est le 91ème pays où le mouvement ‘Habad aura installé un centre. Ce dernier a ouvert ses portes au mois de janvier.

    De plus, le mouvement ‘Habad, jeudi, a publié un livre. Selon le mouvement cet ouvrage est le point culminant de 15 années de recherches sur la vie de Menachem Mendel Schneerson, le troisième Rebbe de la dynastie Loubavith-Hadad décédé il y a 22 ans à New York à l’âge de 92 ans.
    Intitulé : « Les premières années : Les années de formation du Rebbe », le livre de 550 pages écrit par Boruch Oberlander et Elkanah Shmotkin se base sur des sources primaires et des documents originaux, dont certains qui avaient été oubliés depuis deux décennies et d’archives autres de l’ancienne Union soviétique, a écrit le mouvement Habad au sujet du livre
     
    source 

    Rappel  de la Déclaration de Balfour : #FreePalestine
    La Déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte datée du et signée par Arthur Balfour, le Foreign Secretary britannique. Elle est adressée à Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), éminence de la communauté juive britannique et financier du mouvement sioniste, aux fins de retransmission.
    « Cher Lord Rothschild,
    J'ai le plaisir de vous adresser, au nom du gouvernement de Sa Majesté, la déclaration ci-dessous de sympathie à l'adresse des aspirations juives et sionistes, déclaration soumise au Parlement et approuvée par lui. 
    Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays. 
    Je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter cette déclaration à la connaissance de la Fédération sioniste.
    Arthur James Balfour »
    source

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  • Kanaky : Une nouvelle affaire de meurtre pour les forces de l’ordre ?

    Dans l’une des dernières colonies françaises
    Kanaky (Nouvelle Calédonie). Une nouvelle affaire de meurtre pour les forces de l’ordre ? 

     William Décoiré, un jeune kanak de 23 ans qui s’était évadé de prison avait été tué par balle par la gendarmerie de Nouvelle Calédonie le 29 octobre 2016. Le parquet avait conclu à la légitime défense et classé l’affaire sans suite. Mais la mère de la victime, aidée par ses avocats, vient de porter plainte pour meurtre.
     Georges Camac
     Des circonstances floues
     « Il n’y a pas eu de véritable enquête jusqu’à présent. L’affaire a été traitée à la va-vite, mais on ne tue pas quelqu’un comme ça ! » s’indigne Jacques Loye, l’un des deux avocats de Line Decoiré, la mère du jeune kanak tué le 29 octobre par la gendarmerie. Il est vrai que, pour l’instant, les circonstances de la mort de William Décoiré restent floues. Celui-ci est mort alors qu’il se trouvait au volant d’une camionnette et qu’il était recherché par la police depuis le 12 juin 2015 pour s’être évadé de prison et ne pas avoir respecté une mesure de semi-liberté.
     
    Au cours d’un contrôle routier, un gendarme lui a tiré une balle dans le thorax. Interrogé, ce dernier invoque la légitime défense, expliquant que la voiture lui aurait foncé dessus. Une version démentie par les avocats. Selon eux, William Decoiré n’a pas « foncé » sur un gendarme, mais c’est le gendarme qui « s’est quasiment jeté devant le fourgon » pour l’arrêter. Ils rappellent notamment que la camionnette roulait en marche arrière à ce moment-là. Ils réclament qu’il soit procédé à une nouvelle reconstitution des faits.
     

    La colère de la population kanak

    La mort du jeune homme a suscité beaucoup d’émotion sur le territoire de St-Louis (commune du Mont-Dore) d’où était originaire le jeune homme et provoqué des affrontements avec les gendarmes. Il faut dire que, dans ce territoire colonisé par la France, la présence des forces de l’ordre issues de la métropole, aux méthodes particulièrement brutales, est mal vécue par la population. La prison de « Camp Est » située à Nouméa et dont s’était échappé le jeune homme, est connue pour être la pire prison française.
     
     La pauvreté et la misère sont le lot quotidien de la population kanake de Nouvelle-Calédonie, dont le taux de chômage avoisine les 27%. Régulièrement, la population se révolte face à l’ordre colonial, à l’image des deux grèves générales qui ont eu lieu cet été, sans que jamais l’Etat français ne consente à poser la question du droit à l’autodétermination jusqu’au bout. Il faut dire que la Nouvelle-Calédonie est une base militaire incontournable dans le Pacifique, notamment sur le plan naval et aéronautique, que la France pourrait réquisitionner en cas d’intervention militaire, comme ce fut le cas dans le passé avec les États-Unis. Derrière la mort de ce jeune kanak, au-delà des circonstances précises, c’est en réalité la brutalité de l’ordre colonial français dans l’une de ses dernières colonies qui s’exprime.
     
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  • Kanaky : l’Etat français prêt à tirer sur les jeunes de la Tribu de Saint-Louis !

    A l’aube du référendum d’autodétermination pour l’indépendance de Kanaky (Nouvelle-Calédonie) prévu en 2018, un jeune Kanak, William Décoiré, a été assassiné par un gendarme le 29 octobre 2016. L’affaire a été classée sans suite le mois dernier par la justice bien que le principal témoin nie la légitime défense du gendarme. 
    Lors de l’annonce de la mort de William Décoiré, la jeunesse de la Tribu de St Louis a manifesté sa colère légitime par des blocages de la route traversant la tribu et qui est également l’axe économique reliant la capitale de Nouméa avec le sud du pays.
    De nombreuses arrestations ont lieu depuis et de nombreux jeunes sont envoyés directement au Camp Est, la prison de Nouméa. Malheureusement les médias locaux sont tenus par les loyalistes (pro-français) et une bonne partie de la vérité est camouflée ou modifiée pour leur propre intérêts politiques vu l’échéance de 2018.
    Depuis, la jeunesse de la tribu de St Louis exprime sa colère face à cette injustice et la provocation des interventions de gendarmes se multiplient de jour comme de nuit. Actuellement, le réseau de communication des téléphones fixes et internet est coupé dans certaines maisons.
    Ce week-end, certains jeunes ont tirés sur des véhicules et des gendarmes. Une personne civile a été blessé et 2 gendarmes. 
    Depuis dimanche 29 janvier, l’axe routier est coupé par la gendarmerie, avec VBRG, hélicos, drones, etc.
    Les habitants du Mont-Dore (en grande majorité loyalistes), sont en colère face aux violences de la jeunesse de St Louis et demande l’intervention musclée des forces de gendarmerie. 
    On ne peut que dénoncer la manipulation de l’Etat colonial français, par l’assassinat du jeune Kanak jusqu’à la montée de tension de ces derniers jours pour justifier un 4ème accord politique qui réduirait en miette l’espoir de voir la Kanaky indépendante en 2018.
    Aujourd’hui, mardi 31 janvier 2017, l’Etat colonial a posé, par le biais du Haut Commissariat, un ultimatum complètement disproportionné à la jeunesse de St Louis face aux actes commis. En aucun cas, l’assassinat d’un jeune Kanak est la solution face à de petits délits commis.
    Les jeunes n’ont tué personne. Ces méthodes sont le reflet de la colonisation et de la répression qu’effectue chaque jour l’Etat français en terre Kanak. Le mensonge et le lavage de cerveaux des médias loyalistes locaux ne font qu’augmenter les tensions (cf (1) et (2))

    Les autorités lanceront une opération d’envergure au sein de la tribu qui « se traduira, nécessairement et malheureusement, par des pertes d’un côté ou de l’autre, voire des deux.
    Ce ne sera pas une opération facile à mener. Désormais, les règles d’engagement de la gendarmerie seront différentes. Lorsque la route rouvrira, j’espère le plus tôt possible, la gendarmerie répliquera s’il y a de nouveaux tirs. Ce qui veut dire qu’il y aura des débats. C’est une responsabilité lourde que l’Etat assumera », a annoncé le Haut Commissariat. Sans rédition, les armes risquent de parler à nouveau.

     En 2014 déjà, des affrontements importants avaient eu lieu entre l’Etat et la Tribu, sur fond de conflit avec le groupe minier bresilien Vale, qui exploitait le nickel du sol kanak.

    La plupart des poteaux de lampadaires avaient été sciés, des carcasses de voiture brûlées gisaient en bordure de chaussée. La route de St Louis avaient été bloquée par des barrages sur lesquels jeunes Kanaks et forces de l’Etat s’étaient affrontés toute la nuit. Les gendarmes mobiles et leurs véhicules avaient été la cible de tirs de fusils.

    Le lendemain, des actions avaient eu lieu sur le site de l’usine métallurgique de Vale. L’industriel avait alors chiffré les dégâts à 20 ou 30 millions de dollars US.


    (1) Dans la 1è france tv info, (ici), la parole n’est donnée qu’à la gendarmerie. 
    « C’est la réunion de la dernière chance »… Le ton est grave au Haut-Commissariat après les nouveaux événements de St Louis qui ont fait 3 blessés. Des munitions trafiquées ont été utilisées. L’Etat organise une nouvelle rencontre décisive avec les coutumiers demain.
    (2) Dans “les Nouvelles calédonniennes” (ici), idem …
    L’Etat lance un ultimatum aux tireurs embusqués à Saint-Louis
    Le sang a encore coulé aux abords de la tribu. Et la RP1 risque d’être fermée plusieurs jours. Les autorités donnent moins d’une semaine aux tireurs pour se rendre avant de lancer une opération d’envergure.
     

     

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  • Kanaky : Le Parti travailliste hausse le ton

    Le parti conditionne sa participation au scrutin d’autodétermination, à la demande d’inscription automatique des Kanak sur la liste référendaire.

     

     

    « Maintenant, il faudrait que les Kanak aillent s’inscrire pour se prononcer sur l’avenir… Mais que devient leur position de colonisés ? » a argué Louis Kotra Uregei au congrès. Photo Yann Mainguet

     
     
     

    Crée le 21.11.2016

     

     

    Le discours d’ouverture avait posé le tempo. Appuyé, sans détour. Les décisions du VIIe congrès du Parti travailliste, concocté ce week-end Vallée-du-Tir à Nouméa, confirment l’orientation, pressentie avec le slogan de l’événement : « 2018 : notre rendez-vous avec l’histoire ! » Tout d’abord, sans surprise,
    « on rejette tout nouvel accord » indique Louis Kotra Uregei, président réélu de l’organisation indépendantiste.
    Une condition de participation au scrutin d'autodétermination est ensuite avancée. « Nous revendiquons l’inscription automatique et sans condition de tous les Kanak, de statut coutumier ou non », sur la liste référendaire. Apparaît ici « un préalable ». Si cette requête est écartée, « pourquoi irions-nous à ce référendum ? » avait lancé, en début de congrès, le leader du mouvement, à ses adhérents. Autrement dit, la grogne monte d’un cran.

     

    « Tourner la page »
    Cette demande d’inscription systématique des Kanak est portée par le Rassemblement des indépendantistes et nationalistes (RIN) dont des militants du Parti travailliste sont membres. Dans le prolongement de la marche du 26 octobre dernier, le collectif entend préparer une nouvelle mobilisation avant la fin de l’année. Et une troisième résolution a été adoptée, pour le court terme, cette fois, Vallée-du-Tir. « Nous avons décidé de ne pas participer aux élections nationales, présidentielle et législatives » en mai et juin 2017, souligne LKU. C’est-à-dire, pas de soutien, pas de candidats, et pas de vote. Rien. Pour le président du parti, « nous sommes axés essentiellement maintenant sur 2018. Il nous appartient de rester cohérents. On veut aujourd’hui tourner la page de la relation coloniale avec la France ». Ce choix de faire l’impasse sur les rendez-vous nationaux, tout comme la demande d’inscription systématique des Kanak sur la liste référendaire, rejoint une motion analogue de l’Union calédonienne, prise le week-end précédent à Houaïlou. L’exact écho. Le Parti travailliste n’a jamais caché sa proximité de pensée avec l’UC sur des sujets politiques. D’ailleurs, Louis Kotra Uregei et Marie-Pierre Goyetche siègent dans le même groupe au Congrès, l’UC-FLNKS et nationalistes, que les collègues du plus vieux mouvement calédonien. Une grosse différence s’impose néanmoins : la formation pilotée par Daniel Goa est une des composantes du FLNKS, contrairement au Parti travailliste. Le patron du PT n’a pas été tendre samedi matin à l’égard du Front. Une coalition « instrumentalisé(e) par certains responsables politiques. Le FLNKS n'est plus véritablement représentatif de la volonté politique des Kanak ». La perspective de l’échéance de 2018 va accentuer les positions des uns et des autres. Un contexte propice à des rapprochements peut-être plus structurés.

     

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  • Louis Kotra UREGEI réélu à l'unanimité Président du Parti Travailliste

    7e congrès du Parti Travailliste : « 2018, notre rendez-vous avec l’histoire »

     
     


    Le congrès du parti Travailliste, a lieu ce week-end, au siège de l’USTKE, à la Vallée du Tir. 
    Une coutume a eu lieu vendredi soir avant ces deux jours de travaux, ce samedi et demain.
    Au programme, le bilan et la sortie de l’Accord de Nouméa et l’après-2018, sur le thème « nouvel accord, ou pas » ?


    Louis Kotra Uregei n’a pas approuvé les conclusions des derniers comités des signataires.
    Il dénonce un FLNKS : "instrumentalisé par certains, et qui ne représente plus la volonté politique des kanak".
    Par ailleurs, le parti Travailliste demande l’inscription automatique et sans condition de tous les Kanak pour le référendum de 2018.
     
    Louis Kotra Uregei, leader du parti Travailliste
    Des propos receuillis par Brigitte Whaap et José Solia

    LKU Histoire  


      source

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  • VII Congrès Parti Travailliste à Nouméa les 18-19-20 novembre 2016

     

    • Pour des raisons exceptionnelles de dernière minute, le VIIème Congrès du Parti Travailliste, initialement prévu dans la région de de La Foa en pays Xârâcùù, aura lieu finalement à Nouméa en pays Drubea-Kapumë, du vendredi 18 novembre au dimanche 20 novembre prochains. Ce congrès sera placé sous ce slogan porteur : " 2018, notre Rendez-Vous avec l'Histoire ! "
    • Les congressistes sont convoqués ce vendredi 18 novembre, à partir de 15 heures, au "Charley"/USTKE (Vallée-du-Tir), pour prendre possession de leurs badges, le dossier de ce congrès, et attendre sur place pour la cérémonie coutumière. L'office religieux est prévu à 18 heures avant d'avoir une information générale sur le déroulement du congrès. Et le souper sera servi vers 20 heures.
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    • Programme détaillé 
    • Vendredi 18/11/16, à partir de 15 heures : Arrivée et accueil des congressistes au "Charley" (Vallée-du-Tir), remise des badges + dossier "VIIème congrès du P.T". A 18 heures : cérémonie coutumière, office religieux (Pasteur Wakira Wakaine, président de l'EPKNC), information générales sur le congrès (travaux, restauration, staff secrétariat ...), souper.
    • Samedi 19/11/16, dès 06 h 30 : Petit-déjeuner, et poursuite des remises des badges + dossier de ce congrès. 
    • 08 h 30 : Discours d'ouverture du Président du Parti Travailliste, rapport des structures du Parti (comités communaux), rapport sur l'administration du parti, la communication, les activités des femmes, le travail de la CPC, le "Groupe UC-FLNKS et Nationalistes", le FIP. 
    • 12 h 00 : Déjeuner
    • 14  h 00 : Présentation de la synthèse des rapports
    • Travaux en atelier par thèmes : 1/ Sortie de l'ADN (Référendum d'autodétermination, liste électorale et inscription automatique des kanak, conclusions du dernier Comité des signataires), 2/ Bilan de l'ADN (économique/KNS et situation minière, social/problématique de la "délinquance, ou la jeunesse kanak en révolte", culturel et politique), 3/ L'après 2018  : nouvel accord politique ? ou pas ?, 4/ Le RIN, une nouvelle offre politique majeure ?, 5/ Le Parti : bilan - structures de gouvernance ...
    • 19 h 00 : Souper
    • 20 h 00 : Poursuite des travaux en atelier, rédaction des rapports + motions ... 
    • Dimanche 20/11/16, à partir de 06 h 30 : Petit-déjeuner
    • 07 h 30 : Session administrative : bilan du Président sur la gestion du Parti - rapport financier et approbation ; rapport des 4 ateliers - vote des motions ; élections des instances directionnelles du Parti ; discours de clôture (fin des travaux du VIIème congrès) ; cérémonie coutumlière (clôture/aurevoirs)
    • 12 h 00 : Déjeuner. 
    •  
    • Convocation adressée aux : Membres du Bureau Politique, délégués des bureaux des comités communaux (autres que les membres du B.P), élus (communes, provinces), et à tous les adhérents du Parti à jour des cotisations. 

    Communiqué médias (2).pdf

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  • Kanaky : Nous demandons l'inscription d'office des Kanak sur la liste référendaire de 2018

    Les élus Indépendantistes à la marche du 26/10/2016

    dont Mr Louis Kotra UREGEI, Président du Parti Travailliste 

    • Le Parti Travailliste appelle l'ensemble de ses adhérents et sympathisants, à se mobiliser massivement le mercredi 26 octobre 2016 au Mwa Ka à l'appel du Rassemblement Indépendantiste et Nationaliste, pour l'exigence de l'inscription automatique sans condition de tous les kanak sur la liste spéciale pour le référendum de sortie de l'Accord en 2018.
    • Tandis que le fraude légalisée sur les listes se poursuit dans les communes du Grand Nouméa pour l'inscription des nouveaux arrivants dans le pays, le nombre de kanak n'étant pas présent sur la liste référendaire est d'environ 25 000, ce qui est absolument inacceptable. Ce chiffre est le résultat du croisement entre la liste électorale générale et la liste de l'état-civil coutumier.
    • Le référendum de sortie est la consultation pour savoir si le pays doit accéder à son indépendance ou continuer à rester sous domination coloniale française. Il appartient donc en premier lieu au Peuple autochtone, peuple Kanak, peuple colonisé de ce pays, de se prononcer sur cet avenir et il n'est pas concevable que des milliers de kanak ne soient pas inscrits. 
    • Il est hors de question d'accepter ça alors tous ensemble le mercredi 26 octobre à partir de 11 heures au Mwa Ka pour crier haut et fort notre exigence, et que ce cri résonne jusqu'au prochain Comité des Signataires qui se tiendra le 07 novembre prochain.
    • Les militants et sympathisants qui ne pourraient se déplacer pour venir à Nouméa sont invités à se mobiliser sur place aux Iles Loyautés, aux Bélep et à l'Ile des Pins avec les autres structures indépendantistes.  
    • Pour le Bureau Politique du P.T Le Président, Louis Kotra Uregei 

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  • Propagande diffamatoire des médias d'opinion Français en Kanaky

    On n'a pas trop envie de venir en vacances en Kanaky, quand on voit ce reportage tourné par les colons surtout avec ces méchants noirs ! Mais heureusement il y a les gentils blancs pour sauver le pays. La délinquance est dix fois pire à Paris ou à Los Angeles et pourtant on a plus envie d'aller là-bas !
    Les gentils blancs ont par le passé génocidé les Kanak, violé spolié, torturé, assassiné et continuent de piller le nickel, de polluer le lagon, l'air, de voler l'argent avec leurs magouilles ... de créer de l’apartheid social .... de la discrimination, du racisme ... mais ce sont eux les gentils !!!
     
    Comme d'ailleurs en Palestine où les israéliens volent un peu plus chaque jour la terre des Palestiniens dans l'indifférence totale mais ce sont eux les "terroristes", alors qu'ils ne sont que de simples RÉSISTANTS.
     
    Et c'est la que la phrase de Malcom X prend toute son importance : 
     
    « Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment. »

     

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  • Kanaky : MOTION de l'UC sur LISTES SPÉCIALES CONSULTATIONS

    CONGRÈS EXTRAORDINAIRE
    DU MOUVEMENT D’UNION CALÉDONIENNE
    25 juin 2016 - Tribu de Ouamboa
    Kaala-Gomen


    MOTION LISTES SPÉCIALES CONSULTATIONS
    Réunie en Congrès extraordinaire le 25 Juin à Ouamboa, Kaala-Gomen, l’Union
    Calédonienne, réaffirme que l’Accord de Nouméa, processus de décolonisation, doit être mené jusqu’à son terme. En ce sens et dans la droite ligne des propositions émises et des positions affichées sur le dossier du corps électoral, l’Union Calédonienne réaffirme :


    — Au titre de la Charte des Nations Unies de 1945 qui affirme le Droit des Peuples à
    disposer d’eux-mêmes,


    — Au titre de la résolution 15/14 de l’Assemblée Générale de l’ONU du 14 Décembre
    1960 concernant la Déclaration sur l’octroi de l’Indépendance aux peuples coloniaux, que la question de l’inscription des kanak sur la liste spéciale consultation ne doit pas se poser, et exige, que tous les kanak soient inscrits d’office sur cette liste, en vue de la consultation portant sur les transferts des compétences régaliennes, sur l’accès de la Nouvelle-Calédonie à un statut de pleine souveraineté et le passage de la citoyenneté à la nationalité.

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  • Kanaky : L’Onu a observé… et jugé

    Rapport de la mission ONU : 05/2016

    ...

    6  CONCLUSIONS
    Le processus d’établissement et de révision des listes électorales spéciales pour l’élection des membres du Congrès et des assemblées de provinces (LESP) s’est déroulé dans un climat politique empreint de méfiance. La mission a cependant constaté que, en dehors du Grand Nouméa, les travaux se sont déroulés sereinement.
    La mission a également relevé des éléments de transparence dans le déroulement des travaux. Il en est ainsi de :
    - l’accès aux documents qui composent le dossier et au fichier de la LEG 1998 ; ce qui mettait les membres de la CAS au même niveau de l’information pour décider en connaissance de cause. En effet, chaque membre de la CAS pouvait, sans entrave, consulter les pièces versées au dossier et suivre le processus de consultation de la base des données ;
    Cette préoccupation a été développée dans le chapitre des « faits saillants »
     la disponibilité constante de l’Etat à accéder aux demandes d’informations de la mission d’experts, ainsi que celle du Tribunal à l’occasion de la phase du contentieux.
    Au sein des CAS, la décision par vote était généralement la conséquence d’un désaccord qui procédait :
    - d’une appréciation divergente des dispositions légales applicables ; notamment concernant les bases de maintien ou radiation des électeurs relevant du statut du litige électoral.
    - des postures partisanes des membres ; ce qui mettait parfois à mal la vocation technique et administrative de la Commission administrative spéciale.
    On constate par ailleurs une jurisprudence non constante des CAS, qui peut s’expliquer par les mêmes
    raisons soulignées ci-dessus ou au nom de la « connaissance commune de l’électeur ».
    Enfin, la documentation en amont des dossiers des jeunes majeurs proposés à l’inscription d’office par les informations relatives à leur filiation et au domicile parental pourrait influencer positivement
    l’inscription de cette catégorie d’électeurs et renforcer la confiance dans les services impliqués dans l’administration électorale.


    7 RECOMMANDATIONS
    Tenant compte du contexte politique et social en Nouvelle-Calédonie, et de la persistance de divergences des vues au niveau de l’établissement des listes électorales, le président de la mission d’experts formule les recommandations suivantes :
    i. L’organisation, par l’Etat, d’une campagne d’inscription de proximité sur les listes électorales avec l’appui administratif des communes chargées, au nom de l’Etat, de la tenue des listes électorales et avec le soutien politique des acteurs politiques, institutionnels et coutumiers. Cette opération, qui devrait se tenir avant la révision annuelle des LESP et des LESC prévue en 2017, permettrait également la documentation des dossiers des citoyens éligibles à l’inscription sur la LESP. Elle aura
    ainsi vocation à:

    i) inscrire sur la LEG tous les ayants droits;

    ii) clarifier le statut des personnes actuellement admises au tableau annexe de la LESP;

    iii) documenter les dossiers des électeurs éligibles au statut des recommandés à l’inscription d’office sur la LESC. Au total, l’organisation concertée de cette campagne de proximité permettra de renforcer l’inclusion et la confiance des parties prenantes au processus électoral. Les modalités de cette campagne qui seront définies d’accord parties, devront être conformes aux prescriptions légales et jurisprudentielles : demandes déposées en personne par les intéressés ou par un tiers dûment mandaté (procuration sur papier libre indiquant les noms du ou des mandats et du mandataire)  dans les mairies et leurs annexes, incluant le cas échéant, des bus mobiles, des stands, etc., à l’exclusion de toute procédure consistant à recueillir les demandes d’inscription au domicile des électeurs.
    ii. La promotion de la fonction strictement administrative des mairies et le traitement équitable des administrés. A cet effet, les mairies sont encouragées à: i) s’impliquer davantage et de manière équitable dans les travaux préparatoires de constitution des dossiers proposés à l’inscription d’office (jeunes majeurs) et, d’autre part, dans l’accompagnement des administrés de la commune pour la documentation de leurs dossiers de demande d’inscription ;

    ii) sensibiliser leurs délégués dans les CAS à la nécessité de participer aux travaux de celles-ci avec impartialité.
    iii. La promotion du droit à la communication des procès-verbaux des CAS et de l’effectivité du droit de
    recours. A cet effet, en conformité avec les décisions de la CADA, et pour prévenir des obstacles administratifs, les mairies peuvent autoriser, en amont de la tenue des CAS, les magistrats-présidents à communiquer les procès-verbaux aux membres de la CAS qui en font la demande; et, en dehors de 40 Circulaire ministérielle n° NOR/INTA 1317573C du 25 juillet 2013 la période de fonctionnement des CAS, prendre les dispositions pratiques au niveau de leurs services pour garantir le libre accès aux procès-verbaux.
    iv. L’étude de la faisabilité, d’un point de vue juridique et technique, permettant de générer un identifiant unique par lequel est réalisé une identification transversale de l’électeur à travers les fichiers additionnels mis à contribution pour le traitement automatisé de données personnelles,
    détenus en l’occurrence par: i) la Caisse de compensation des prestations familiales, des accidents du travail et de prévoyance des travailleurs de la Nouvelle-Calédonie (CAFAT) ;

    ii) la direction des services fiscaux de la Nouvelle-Calédonie ;

    iii) la mutuelle des fonctionnaires de la Nouvelle-Calédonie ; i

    v) le vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie ;

    v) la direction des finances publiques de la Nouvelle-Calédonie.
    v. Le respect strict des délais réglementaires pour l’examen des demandes, aussi bien à la suite des investigations diligentées par les CAS pendant la période d’inscription que dans la phase du recours gracieux, afin de prévenir d’éventuels cas de forclusion.
    vi. L’initiation par les CAS des investigations approfondies pour pourvoir les dossiers des jeunes majeurs des informations manquantes, en interrogeant la base des données mises à leur disposition par les « autorités gestionnaires du fichier du recensement établi en application du code du service national et des fichiers des organismes servant les prestations de base des régimes obligatoires
    d’assurance maladie », ou encore par une réquisition d’informations auprès des autorités coutumières

    Journal local : LNC : L’Onu a observé… et jugé

    Publié le vendredi 10 juin 2016 à 03H00

    Les experts des Nations unies ont livré leur verdict sur la révision des listes spéciales. Et s’ils ont souligné la transparence du processus, ils n’en ont pas moins noté quelques faits gênants. Ils livrent leurs recommandations pour 2017.

    Les experts de l’Onu ont souligné qu’ils avaient pu avoir accès à tous les documents  souhaités. Ils ont observé de près le travail des commissions administratives spéciales.

    Les experts de l’Onu ont souligné qu’ils avaient pu avoir accès à tous les documents souhaités. Ils ont observé de près le travail des commissions administratives spéciales.

    «Le processus d’établissement et de révision des listes électorales spéciales pour l’élection des membres du Congrès et des assemblées de provinces s’est déroulé dans un climat politique empreint de méfiance ». C’est en ces termes que Flavien Misoni Mbayahe, le président du groupe d’experts de l’Onu, entame les conclusions du rapport, rendu public hier, sur l’observation du travail des commissions administratives spéciales (CAS).

     

    Transparence du processus

    Rappelons que ces CAS avaient pour mission de trancher le cas des électeurs passibles de radiation, selon une liste établie par « l’expert de confiance »*, Ferdinand Melin-Soucramanien, et de procéder à la révision ordinaire de cette liste spéciale.

    Les experts de l’Onu ont tout d’abord salué la transparence du processus tant pour les membres des CAS, qui ont eu accès sans entrave à tous les documents qu’ils souhaitaient consulter, que pour eux-mêmes grâce à « la disponibilité constante de l’État à accéder aux demandes d’informations, ainsi que celle du tribunal à l’occasion de la phase du contentieux ».

    Le rapport fait ensuite ressortir des « faits saillants ». Le premier pose clairement le problème de l’appréciation juridictionnelle en évoquant le désaccord entre le juge, qui a réaffirmé le principe légal, et le compromis trouvé lors du Comité des signataires de février dernier. Cette affaire avait donné lieu à un recours de l’État que la cour de cassation devra trancher. Les autres remarques concernent essentiellement des points techniques et des problèmes de délais qui concernent peu de personnes.

     

    Vers Une campagne d’inscriptions ?

    Au chapitre « observations générales », les experts ont souligné la légèreté des preuves qui ont été, dans de rares cas, acceptées pour prouver la résidence avant 1998 en Calédonie (simple article de journal, attestation médicale). L’influence de la composition des CAS sur le travail de révision des listes a aussi été mise en avant : « des coalitions plus ou moins informelles qui se forment parfois entre l’un des représentants des électeurs et le représentant de la mairie ».

    Au final, les experts de l’Onu préconisent l’organisation par l’Etat, avant la révision des listes de 2017, d’« une campagne d’inscription de proximité sur les listes électorales avec l’appui administratif des communes ». Des bus mobiles, des stands ou autres moyens pourraient être utilisés « à l’exclusion de toute procédure consistant à recueillir les demandes d’inscription au domicile des électeurs ».

    Ils demandent aussi aux mairies de rester strictement dans leur rôle administratif, aux magistrats présidents des CAS de communiquer leurs procès-verbaux, et aux CAS de respecter totalement les délais réglementaires pour l’examen des demandes.

    Ils espèrent enfin voir les CAS réaliser des investigations approfondies grâce aux fichiers du recensement, des organismes gérant l’assurance maladie, voire par une « réquisition d’informations auprès des autorités coutumières ».

    olivier.poisson@lnc.nc

    * Ferdinand Melin-Soucramanien est « l’expert de confiance » nommé par l’État à la suite du Comité des signataires du 4 février.

    La notoriété, ça aide

    « L’institution du critère de connaissance commune » est un point dénoncé par les experts de l’Onu.

    Ils s’expliquent : « Dans de nombreux cas, les électeurs requérants dont les dossiers sont examinés sont personnellement connus de l’un ou de plusieurs des membres de la commission administrative spéciale, qui plaident parfois en faveur des intéressés ou se proposent de prendre contact avec eux pour apporter d’éventuels compléments d’information nécessaires. La notoriété de l’électeur concerné peut ainsi conduire à une certaine indulgence, avec parfois un effet sur le principe d’égalité de traitement entre électeurs ».

     

    source

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  • Jeunes en Calédonie : c’est quoi être indépendant ?

    L’île du Pacifique, suite à l’accord de Nouméa signée en 1998, poursuit un processus inédit de décolonisation. Le référendum sur l’autodétermination en 2018 est attendu, notamment par la jeunesse qui veut croire à un autre « destin commun ».
    La Nouvelle-Calédonie, c’est ce territoire français à l’autre bout du monde, dont les médias français parlent peu. Pourtant, il y a quelques semaines, Manuel Valls était en visite sur l’île pour gérer la crise du nickel, dont ce territoire est le 5° producteur mondial, mais aussi pour évoquer l’avenir du pays, qui doit trancher en théorie la question de son indépendance par référendum en 2018.
    Derrière la carte postale, l’eau paisible et les fantasmes d’expatriés, ce point sur la carte au milieu du Pacifique sud est avant tout, pour qui veut bien s’y pencher, un laboratoire contemporain de la décolonisation. Marqué par des événements violents dans une période encore récente – l’assaut meurtrier de la grotte d’Ouvéa, point culminant de ceux-ci en 1988, a fait l’objet d’un film essentiel et contesté de Mathieu Kassovitz, L’ordre et la morale –, la Nouvelle-Calédonie trace depuis presque 30 ans un chemin original vers son indépendance. Un chemin qui dit beaucoup sur le passé – et le présent – colonial français, mais pas seulement.
    Dans un contexte politique structuré par l’opposition entre indépendantistes kanak et loyalistes partisans de la Nouvelle-Calédonie française, une nouvelle génération émerge et tente de dépasser les clivages politiques traditionnels. Par leurs engagements, de jeunes personnalités, en grande partie issues du milieu artistique, expriment dans des formes nouvelles la revendication d’indépendance. Et nous aident à poser une question fondamentale pour les nouvelles générations du monde entier : c’est quoi, être indépendant ?
    Prendre la parole
    Bâti sur le traumatisme des « événements » des années 80 et le pacte entre deux camps, le discours officiel sur l’avenir du pays rencontre aujourd’hui de timides remises en cause. Dans la Nouvelle-Calédonie de 2016, quelle est la réalité du « Destin commun », cette formule empruntée au leader historique Jean-Marie Tjibaou, assassiné en 1989, et dont les mots continuent de fédérer le monde politique calédonien ?
    DSC00128.resizedSur ce débat sensible et « présent dans tous les esprits, dans toutes les discussions », l’urgence de donner un contenu concret à l’avenir indépendant du pays se confronte à la difficulté à faire émerger une parole… indépendante. Un paradoxe souligné par Pablow, jeune militant du collectif MaintenantCnous, qui mobilise la jeunesse dans la perspective du référendum. « Le débat est toujours sensible, on en parle pas avec tout le monde… Les échéances politiques qui arrivent [ndlr : le référendum de 2018] sont très importantes pour nous. Le problème en Calédonie, c’est que peu de jeunes sont politisés ou s’intéressent à la vie politique. Il y a encore le sentiment que tout ça appartient à nos vieux. C’est eux qui ont tout fait. »
    En mettant des mots sur la difficulté de prendre la parole politiquement, les nouvelles générations expriment une forme de complexe à l’égard des « vieux » qui ont mené les premiers combats indépendantistes et opposé les intérêts du peuple autochtone à l’Etat colonial. En Nouvelle-Calédonie, le débat politique est structuré par la question de l’indépendance, avec l’opposition entre le FLNKS (Indépendantiste Kanak) et le RPCR (Pour le maintien dans la République Française) ; très tôt, chacun est conduit à se positionner de manière claire et tranchée sur une situation pourtant complexe. D’une certaine manière, les nouvelles générations calédoniennes se trouvent coincées entre le regard institutionnel et le regard des « vieux », entendu comme celui des autorités coutumières reconnues par les Accords de Nouméa (1998).
    Cet effet de génération est renforcé par la coutume Kanak, qui accorde une grande autorité à la parole des anciens, difficilement contestable par les jeunes. Aïlé, jeune kanak engagé dans la vie culturelle et citoyenne, exprime cette difficulté : « Oui la jeunesse Calédonienne est stigmatisée ! Et pour moi jeune kanak, c’est d’autant plus difficile d’être entendu par mes pères… Être catégorisé part nos vieux, c’est là le plus effrayant… ». Pour Simane, militant et artiste, « la jeunesse est perdue ». Entre besoin de reconnaissance des anciennes générations et tentative de définition d’une identité kanak contemporaine, la jeunesse autochtone peine à trouver sa place dans un ordre politique écrasé par les camps hérités des accords.
    Deux camps opposés, mais qui répètent inlassablement le mot d’ordre du « Destin commun » pour la population calédonienne. Un slogan qui rentre aujourd’hui de plus en plus en contradiction avec la réalité vécue par une grande partie de la jeunesse. L’exclusion, les inégalités scolaires et les difficultés sociales nourrissent une forme d’opposition à ce qui est ressenti comme une incantation hypocrite. Le long des discussions sur le sujet en Calédonie, on est marqué par l’analogie avec la manière dont sont reçus, notamment dans les quartiers populaires français, les slogans républicains (« liberté, égalité, fraternité », « les mêmes droits pour tous » etc.) : des mots vidés de leur sens, auxquels ne croient plus que ceux qui les prononcent : « Ils disent destin commun, mais c’est des mensonges tout ça. Il n’y a rien de commun parce qu’il n’y a rien pour nous » crache désabusé le jeune Waté, qui a grandi entre un quartier populaire de Nouméa et sa tribu d’origine.
    Waté, à l’image de nombreux jeunes kanak, est farouchement indépendantiste. Comme lui, beaucoup de jeunes qui ont terminé leurs études font l’aller-retour entre la ville et « la brousse », faute d’emploi stable. Malgré les dispositions légales censées favoriser l’intégration économique de la population locale dans certains secteurs, le marché du travail reste relativement fermé à une partie de la jeunesse. Cette dernière se trouve depuis quelques années la cible d’un discours médiatique et politique très violent à son encontre : « en crise », « inadaptée », « violente »… Mélangeant ainsi dans la même catégorie comportements délinquants, révoltes sociales et revendications politiques. Certains chercheurs y retrouvent le discours employé il y a quelques décennies par les autorités coloniales à l’encontre du peuple kanak dans son ensemble ; d’autres observateurs relèvent un vocabulaire et des qualificatifs qui rappellent étrangement, là encore, le traitement de la jeunesse des quartiers populaires en métropole. Vous avez dit décolonisation ?
    Ressemblances
    « J’parle pas, je pense politique ». Par cette punchline qui en dit long, le jeune rappeur Kovi Tama évoque une difficulté pour la jeunesse de prendre ouvertement position dans des débats considérés comme « réservés à ceux calés en politique ». C’est contre cette situation que se dresse aujourd’hui une partie de la jeunesse urbaine, à travers des mobilisations diverses qui remettent en cause les cadres du militantisme traditionnel.
    DSC00126.resizedEn 2012, le collectif « La tribu dans la ville » a installé pendant 52 jours un espace de vie et de débat en plein centre-ville de Nouméa – sorte de « Nuit Debout Kanak » avant l’heure–, avant d’être expulsé par le commun accord de la ville de Nouméa et des autorités coutumières. Un mot d’ordre a alors émergé, adressé à la société calédonienne dans son ensemble : « Nous ne sommes pas des délinquants ! ». Parallèlement, de jeunes personnalités ont lancé en 2015 le collectif « MaintenantCnous » avec l’objectif proclamé de « sonder réellement la jeunesse du pays » en ouvrant des espaces de réflexion sur l’avenir du pays – débat qu’ils considèrent aujourd’hui confisqué par les partis traditionnels. Le collectif revendique de ne prendre position pour « aucun des deux camps ». Pablow abonde : « Les partis politiques calédoniens sont des vieilles familles qui sentent la poussière, peu enclin à l’ouverture et marquées par des drames familiaux internes. La quasi-totalité de ceux-là sont issus d’une période que tout le monde veut oublier ».
    Sous des formes différentes, ces espaces politiques atypiques en Nouvelle-Calédonie portent la même exigence : celle de faire entendre une troisième voix nécessaire dans la construction de l’indépendance. A de nombreux égards, ces initiatives font écho à la remise en cause actuelle des cadres traditionnels de l’engagement politique en métropole. La Nuit Debout ou encore les listes indépendantes qui ont émergé dans les banlieues françaises ces dernières années en sont une expression marquante.
    Pour cette nouvelle génération militante, l’héritage des leaders politiques et intellectuels du mouvement indépendantiste continue de constituer la référence. Pourtant, ils formalisent de plus en plus le défi d’un renouvellement du discours indépendantiste qui ralliera les lignes diverses de ce dernier, de la plus dure à la plus indécise.
    A l’image du collectif « Yen a Marre » au Sénégal, de jeunes leaders utilisent la voie artistique pour prendre position. Aux notes du Kaneka, mouvement musical kanak engagé et inspiré du reggae jamaïcain, s’ajoute aujourd’hui les gestes et les mots du mouvement Hip-Hop, vivier de jeunes militants qui veulent se mêler de l’avenir du pays. Parmi leurs exigences : la prise en compte du métissage de la population qui selon Jonathan « remet en cause les appartenances culturelles et communautaires classiques ». Pablow poursuit : « Tout le monde est métissé aujourd’hui en Calédonie. De par le sang et de par l’esprit. L’espoir se situe là et nulle part ailleurs. Le mélange des communautés fera naitre une nation unie, un langage propre, une culture à part entière ».
    DSC00130.resizedLe groupe mélangé des danseurs du « Resurrection Crew » a d’ailleurs représenté la Nouvelle-Calédonie avec le drapeau Kanak à l’édition 2016 du Festival des Arts du Pacifique, sur l’île de Guam (archipel des îles Marianne). Comme un défi aux tensions communautaires qui agitent parfois les nombreuses ethnies présentes sur l’île, Kovi Tama, lui-même métis, a fondé avec deux autres artistes le groupe « Pacifika Hood » : « La peur, les a priori… C’est une minorité. On veut montrer que le Pacifique, c’est une famille ». Simane va plus loin : « Trop de métis se sentent obligés de prendre partie au lieu de prendre ces mondes différents comme une force, non comme un choix ».
    Très actifs notamment sur les réseaux sociaux, Aïlé, Simane et Pablow s’interrogent : « Aujourd’hui, la jeunesse étale un peu partout son avis. Mais est-il entendu et accepté ? (…) Où sont les endroits où on peut s’exprimer réellement, formuler des demandes aux institutions ? ». A un an et demi d’une consultation populaire qui ressemble par instants à un saut dans l’inconnu, on est saisi d’un doute : la société calédonienne est-elle prête ?
    L’espoir réside sans doute dans cette jeunesse qui veut se confronter à ce moment démocratique unique dans l’histoire de la décolonisation. Pour évoquer l’avenir, les mots de Pablow sont sans équivoques : « Personne ne m’attend ailleurs. Ici on construit un pays. Notre pays. Je veux participer à ce travail. Apporter ma petite pierre à l’édifice ». Fragile ou non, l’indépendance n’attend pas.
    Ulysse Rabaté 

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  • Kanaky : Marche du 1 er mai 2016 et valls qui est sur le teritoire ...

    Soyons tous solidaires plus que jamais pour ce 1er Mai 2016 !

     
     

    Le thème principal des 1er Mai demeure la fête de tous les travailleurs et l’USTKE est la seule organisation syndicale sur le territoire à commémorer tous les ans comme il se doit cette journée internationale de lutte et de solidarité des travailleurs.
    C’est aussi l’occasion de se souvenir que tous les acquis sociaux pour le bien des travailleurs et pour la dignité humaine de par le Monde, ont nécessité la solidarité, la mobilisation et la lutte de la classe ouvrière.
    C’est également un moment pour rendre hommage à ces générations de travailleurs qui nous ont précédés et auxquels nous devons l’essentiel des acquis qui sont les nôtres aujourd’hui. Nous avons le devoir de préserver cet héritage.
    La lutte s’est faite, et se fait encore dans la difficulté, du fait de l’oppression d’un système qui invente et réinvente des mécanismes d’exploitation de l’homme par l’homme, toujours aussi vicieuse, pour inlassablement essayer d’anéantir la résistance que nous représentons, nous syndicalistes et révolutionnaires dans l’âme pour une meilleure équité sociale.
    L’USTKE s’inscrit comme le seul syndicat, qui œuvre dans cette perspective d’éradiquer ce système capitaliste avec son projet de société, pour donner à l’homme la vision que d’autres Mondes sont possibles.
    Avant de parler, Vie chère, Fiscalité, TGC et autres …
    Le rééquilibrage pour l’accès des jeunes KANAK aux postes à responsabilité dans ce monde Calédonien du travail en plein essor, demeure la bataille fondamentale, le droit légitime qu’il faut faire valoir dans tout le PAYS, au-delà de ses frontières et dans toute la classe politique et socio-économique, néocalédonienne.
    Thème renforcé et revendiqué haut et fort au lendemain de notre congrès de Drehu, Lifou 2015 qui a fait l’objet d’une motion proposant notamment une journée de mobilisation centrée sur cette problématique.
    Force est de constater que les politiques de formation et d’emploi en matière de rééquilibrage sont un échec alors que se profile la première consultation référendaire pour l’accès du Pays à la pleine souveraineté prévue fin 2018.
    Les injustices sociales envers le peuple Kanak et plus particulièrement les jeunes n’ont fait qu’empirer. L’apartheid social peut se vérifier chaque jour. Nos jeunes sont laissés pour compte et croupissent au Camp Est au lieu d’être au travail.
    Les kanak diplômés sont écartés des postes à responsabilité sous prétexte de l’inexpérience ou de leur jeunesse. Voilà le bilan de l’Accord de Nouméa !!
    Aujourd’hui encore, l’USTKE réaffirme son engagement pour l’accession à la pleine souveraineté de KANAKY et apporte son soutien au Mouvement Nationaliste Kanak dans sa démarche à dénoncer la fraude électorale organisée et légalisée pour faire capoter le référendum de 2018. Des flux migratoires incessants, des inscriptions à volonté sur les listes électorales….
    Voilà encore le bilan de l’accord de Nouméa !!!
    Travailleurs, mobilisons-nous pour donner un sens à la justice sociale et au destin commun.
    En cette terre de KANAKY, l’USTKE appelle ses adhérents, ses militants, la population pour la traditionnelle marche du 1er Mai dans les rues de Nouméa.
    Soyons nombreux pour se souvenir ensemble des sacrifices consentis par les Anciens et se rappeler que l’exploitation existe aussi dans notre Pays et que le combat pour l’émancipation des travailleurs reste plus que jamais d’actualité.

    Rendez-vous à 07h30 devant le siège de l’USTKE-Vallée du Tir.
    Après-midi festif autour d’un plateau musical et restauration sur place jusqu’à 20 heures.

    Le Bureau Confédéral
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  • Louis Kotra Uregei tacle le FLNKS

    « Je dénonce les responsables indépendantistes qui sont capables d’aller au Comité des signataires pour renier le droit des Kanak », note LKU.

     Le patron du Parti travailliste n’apprécie visiblement pas les initiatives de responsables indépendantistes dans des dossiers tels que le litige électoral.

    Au sortir de son premier directoire politique de l’année, Louis Kotra Uregei est remonté. Car les conclusions du XIVe Comité des signataires de l’accord de Nouméa, tenu du 4 au 6 février dernier à Paris, ne plaisent pas au patron du Parti travailliste (lire notre édition du 15/02). L’affaire du litige électoral reconnu agace tout d’abord. « Si certains responsables indépendantistes acceptent cela, nous, on le refuse, on le dénonce, et on dit que sur les élections provinciales, il y a eu une fraude électorale organisée depuis plusieurs échéances », tempête LKU qui est revenu hier matin sur le contenu du directoire organisé le week-end dernier.

    « DES DROITS DILUÉS »

    Le point de la liste référendaire soulève aussi l’agacement, du côté de la Vallée-du-Tir, où se déroulait la réunion. « On va arriver à une situation très très grave, regrette le leader du parti. Le peuple kanak aura vu ses droits à l’autodétermination dilués dans une masse qui aura été augmentée par les flux migratoires. Et il faudrait qu’on l’accepte ? » Pour LKU, l’esprit des accords de 1988 n’est pas ainsi respecté. Un ton similaire est employé pour évoquer le combat en faveur du travail des jeunes Kanak, le rééquilibrage, ou encore le dossier mines abordé au Comité des signataires. Et des représentants pro-Kanaky en prennent pour leur grade, au passage. « Le FLNKS est devenu aujourd’hui une machine à saborder le mouvement indépendantiste », juge sans hésiter Louis Kotra Uregei, qui siège pourtant au Congrès dans le groupe UC-FLNKS et nationalistes. Le Parti travailliste durcit le discours, même à l’égard de sa propre sensibilité, pour séduire une frange de militants.

     

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  • André Forest prend la tête de l’USTKE

     

     

    Le XVème Congrès s’est achevé ce samedi à Wé sur l’île de Lifou. Après deux jours de débats, les militants ont officialisé la nomination d’André Forest, à la tête de l’USTKE. Successeur de Marie-Pierre Goyetche, cet homme de terrain a grandement participé à la création de notre Organisation. Un nouveau président qui prône comme feuille de route la continuité avec ses prédécesseurs.
    Sans surprise André Forest prend la tête de l’USTKE. Le président du Collège Honoraire, Louis Kotra Uregei, a lui-même, annoncé tour à tour les membres du nouveau bureau. Ovationné par l’ensemble des congressistes. Les travaux se sont achevés ce samedi en soirée dans le faré de l’hôtel de la Province des îles.
    En amont de la présentation du nouveau bureau, Marie-Pierre Goyetche, présidente sortante de l’USTKE a remercié notre Organisation par un geste de coutume. « J’ai eu le privilège d’avoir été nommée à la présidence de l’USTKE pendant deux mandatures », souligne t-elle. « Notre alternative politique à travers le Parti Travailliste a fait qu’en mai 2014, j’ai été appelé à d’autres fonctions en tant qu’élue de la Province sud et élue du Congrès. »

     Elle tient à remercier longuement l’ensemble des adhérents. « Pendant toutes ces années, on a travaillé ensemble et en étroite concertation. Aujourd’hui, je vous encourage », admet la présidente sortante, « je suis très émue de passer la main à un homme avec qui j’ai beaucoup travaillé et qui fait parti de l’USTKE depuis sa création. Nous devons ainsi continuer le combat pour l’émancipation de notre pays. »
    André Forest, le nouveau président de l’USTKE, très ému de cette nouvelle nomination. Il rend un vibrant hommage à sa grande sœur décédée récemment avec qui il aurait aimé partager ce moment de joie. Ce décès l’a rendu indécis durant ces deux dernières semaines. Toutefois, il a choisi de poursuivre le combat avec les nouveaux défis qui l’attendent.

     

    Pour le nouveau président de l’USTKE, la feuille de route est toute tracée à travers l’ensemble des motions adoptées lors de ce XVème Congrès de Wé/Lifou. « Les revendications de notre Organisation sont toujours d’actualité », indique t-il, « pendant ces deux jours, nous avons parlé de beaucoup de sujets comme le rééquilibrage. C’est un grand chantier ».
    Notre Organisation a proposé une journée d’action. « Il faut que les choses s’accélèrent pour amener les kanak aux postes à responsabilités », insiste le nouveau président, « par la suite les questions économiques vont se suivre comme la problématique sur le nickel. Le Bureau Confédéral se propose d’organiser un séminaire sur le sujet avec des experts et les opérateurs miniers. L’objectif est de trouver ensemble des solutions ».
    Autres motions adoptées à l’occasion de ce Congrès, les militants de notre organisation prévoient de se pencher sur le projet éducatif de l’Ecole en Nouvelle-Calédonie. Ce travail se fera en étroite collaboration avec le Bureau Confédéral comme la question de la formation, qui est également liée à un véritable besoin du pays. A l’issue de ce XVème Congrès de l’USTKE, André Forest a affiché son intention d’être présent pour relever l’ensemble des défis. « Nous miserons sur une coordination simplifiée pour une meilleure prise de décision » insiste le nouveau président. Et de finir en disant que « le combat de l’USTKE doit surtout se rapprocher vers la perspective d’Indépendance ».

     

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  • « Je n’ai rien à voir avec eux, ces gens-là ne me représentent pas »

    Les attentats perpétrés vendredi à Paris ont choqué les musulmans membres de l’Association de Nouvelle-Calédonie. Leur président, Daut Djurovic, condamne un tel carnage. Des « agitateurs » venus de l’extérieur ont tenté des incursions par le passé.
    Homme jovial et accueillant, Daut Djurovic a été président de l’Association des musulmans  de Nouvelle-Calédonie de 1985 à 1987, et l’est depuis 1994.

    Homme jovial et accueillant, Daut Djurovic a été président de l’Association des musulmans de Nouvelle-Calédonie de 1985 à 1987, et l’est depuis 1994.

     Les Nouvelles calédoniennes : Quels sont vos mots, en tant que musulman, après les attentats de Paris ?

    Daut Djurovic : Je suis gêné pour répondre en tant que musulman. Je vais répondre en tant que citoyen, quelqu’un appartenant à la communauté nationale.

    Si je m’exprime en tant que musulman, dans mon esprit, cela voudrait dire que je me sens, quelque part, proche de ces gens-là [les auteurs des attentats, membres de Daesh, NDLR]. Je n’ai rien à voir avec eux, ces gens-là ne me représentent pas, je ne peux pas me sentir coupable pour des faits commis par des gens avec qui je ne partage rien. Je condamne fermement, en tant que citoyen, l’action vraiment abjecte, je suis choqué, et je me sens totalement solidaire avec les victimes.

     Comment expliquez-vous l’écart entre la pratique religieuse et ces actes inqualifiables ?

    Ce ne sont pas des actions religieuses, c’est politique. Ecoutez, on peut donner une interprétation à tous les livres sacrés, chacun peut les interpréter à sa guise ! [Ces terroristes] donnent un sens religieux à ces actions, mais c’est de la guerre, c’est tout ! Et je pense que l’on a fait une grossière erreur.

     Laquelle ?

    Au nom de la démocratie, on a coupé la main de fer qui les tenait à la gorge. Kadhafi, Ben Ali, Saddam Hussein, Moubarak, Assad. Maintenant, nous sommes donc obligés de faire la guerre à leur place.

     Quel est aujourd’hui le message adressé aux Calédoniens ? A la communauté musulmane de Nouvelle-Calédonie ?

    Je suis très attentif à ce que chaque membre de la communauté musulmane se sente citoyen de la République. A mon sens, et c’est personnel, la laïcité est le principe qui correspond le mieux à une société moderne.

     En France, en Europe, en Nouvelle-Calédonie, le risque – intolérable – d’amalgame existe malgré tout. Quel est votre sentiment ?

    Je parle justement en tant que citoyen pour éviter l’amalgame. Pour moi, toute religion doit rester dans le domaine privé.

    Je suis d’origine yougoslave. La laïcité est incrustée en moi pour les affaires publiques.

     Quel était l’état d’esprit de la communauté avant les attentats de vendredi ? Apaisé ?

    Bien sûr. Mais, vous savez, périodiquement, on a quelques éléments qui, pour diverses raisons, essaient de remuer un peu la communauté.

     Dans quel sens ?

    Pas radicaliser. Mais mettre la main sur l’association, dans quel but, après ? Nous ne savons pas. C’est une des raisons pour lesquelles je reste si longtemps dans l’association : c’est justement pour maintenir cette association en dehors de toutes radicalisation et agitation politique.

     Ce phénomène des membres « agitateurs » est-il nouveau ? Ces éléments étaient-ils Calédoniens ou venus de l’extérieur ?

    Nous avons eu le dernier il y a environ deux ans. Ce sont toujours des éléments extérieurs.Il suffit d’une ou deux personnes un peu dérangées pour créer une dynamique. Mais nous veillons, il faut être vigilants, nous faisons tout pour que l’association reste une entité apaisée, calme. Pour l’instant, il n’y a pas eu de problèmes que nous n’ayons pas réussi à gérer.

     Pas de risque de radicalisation ?

    Non, non. On ne sait pas évidemment ce qui peut arriver demain, mais, pour l’instant, avec les membres locaux, non. Ensuite, c’est à l’administration de contrôler les entrées et les sorties du territoire.

     Au lendemain de l’attentat  à Charlie Hebdo en janvier, le regard a-t-il changé  ici sur la communauté ?

    Non. Nous ne sommes pas stigmatisés. Tout se passe parfaitement bien. Il faut reconnaître la tolérance de la société calédonienne. Comme nous sommes, nous, tolérants et apaisés.

     Maintenant, comment voyez-vous demain ?

    On ne pourra pas faire comme si rien ne s’était passé. Encore une fois, cette organisation, ou ce soi-disant Etat islamique, n’est en rien représentative de notre communauté. 

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  • l'entite sioniste prepare des frappes

    Guerre civile: 22H17: Comme nous le revelions des vendredi dernier, les ricains etaient en mission. Lorsque nous disons l'etat francais va organiser des attentats, c'est que nous avons de tres bonnes raisons et des preuves materielles. C'est pour cela que Bajolet a fait arreter Rachid Mesli, et que ce jour Bajolet demande une remise en negociation de la fausse reconciliation nationale via ses reseaux de harkis trotskistes. Apparement, les ricains n'ont ni nos connaissances, ni nos moyens de decodages du mossad israelien en France et au Maghreb. Ils nous suivent depuis l'Allemagne, Londres et le nord de l'Italie. Nous pensons que les ricains ont encore du mal a cartographier la DGSI/DGSE et ses reseaux maghrebins, que nous maitrisons pour les avoir humilies plusieurs dizaines de fois. Lire ici

    - Pax talmudica: Sur ordre de wall street et de la city de Londres, l'entite sioniste prepare des frappes nucleaires sur plusieurs pays le jour de yom kipour, le 23/24 septembre 2015. Le 23 septembre 2015 est le jour du Aid el Adha. Les Chinois ont provoque l'effondrement des marches, car ils savent des choses. Lire ici

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  • « Dieudo » invité surprise

     Evénement. A la demande de la Fondation Ataï

     Il a été invité à la cérémonie de levée de deuil du grand chef Ataï. Dieudonné a annoncé officiellement sa venue en Nouvelle-Calédonie prochainement, pour y livrer, notamment, un spectacle que l’humoriste promet virulent.

     A ses yeux, c’est un honneur, pour la fondation un défi, et pour les autorités,  un prochain casse-tête. Dieudonné vient d’officialiser sa venue.

    A ses yeux, c’est un honneur, pour la fondation un défi, et pour les autorités, un prochain casse-tête. Dieudonné vient d’officialiser sa venue.

    Ils comptent bien faire venir Dieudonné Mbala Mbala et, mieux, ils comptent bien que ce soit la France qui paie. Voici le dernier coup de force tenté par la Fondation Ataï qui prépare depuis des semaines la cérémonie de levée de deuil du grand chef, initialement prévue le 1er septembre. Dans le cadre de cet événement très important, le grand chef Bergé Kawa, président de la Fondation Ataï, et Warawi Wayenece, son secrétaire général, ont décidé d’inviter l’un des hommes les plus polémiques de ces dernières années dans l’Hexagone. « Nous l’avons simplement contacté via son agent, raconte Warawi Wayenece. C’est pour nous une grande nouvelle de recevoir un tel artiste. »

     Subvention. Le principal intéressé, forcément, se fait un malin plaisir d’accepter l’invitation de « ses frères kanak ». Il le clame dans une vidéo postée sur son site Internet. « J’ai eu l’insigne honneur d’être convié par le peuple kanak à cette grande cérémonie (...), affirme Dieudonné. Je serai présent et je ne louperais ça pour rien au monde. » Il risque de ne pas payer le voyage et l’hébergement.

    Dans un courrier adressé aux responsables, notamment du haussariat, Bergé Kawa a sa petite idée pour le financement. « Les délais étant restreints et pour plus d’efficacité, nous proposons que l’Etat français fasse le premier pas à travers une attestation d’attribution de subvention qui serait réalisée par le Trésor public, écrit le président de la Fondation. Ceci afin de pouvoir, à travers notre organisme bancaire, démarrer les réservations de billets d’avion et d’hôtels pour nos artistes invités. Vous trouverez ci-joint la feuille de route de Monsieur Dieudonné Mbala Mbala qui nous propose un spectacle consacré au personnage Ataï. »

     Controversé. De là à voir l’Etat financer un spectacle de Dieudonné sans sourciller ? « C’est le défi, reconnaît Warawi Wayenece. Pour l’instant, nous n’avons pas reçu de réponse. Ils ont d’autres soucis en tête… Mais nous tenons vraiment à ce qu’il vienne. Il faut aller au-delà des polémiques. C’est un artiste. Il mène un combat d’artiste et nous soutient dans la lutte kanak. »

    Bergé Kawa rappelle quant à lui qu’il sait pertinemment que « M. Mbala Mbala est un personnage controversé en France. Mais ce qui nous intéresse, c’est son franc-parler et son charisme. Et je suis persuadé que cet humoriste connu pourra aider notre fondation à réaliser ses grands projets ». L’artiste, de son côté, prévient : « Je vais faire un pot-pourri de tout ce qui vous fait vomir… » Il continue dans un langage fleuri.

    La date n’est pas fixée pour le moment. « Nous sommes persuadés qu’il viendra, ce ne sera pas à cette date, précise Warawi Wayenece. Avec le conflit des rouleurs, nous allons devoir tout décaler pour des questions de sécurité. »

    Jean-Frédéric Gallo

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  • Dieudonné en Kanaky le 04 septembre 2015

    Pour réserver vos places pour « Dieudonné en paix », rendez-vous sur http://www.dieudosphere.com ou http://www.aliresa.com
    Pour signer la pétition et se dire intéressé par l’ananassurance : http://petifion.dieudosphere.com
    Pour acheter le livre « Interdit de rire » : http://www.dieudosphere.com/boutique/...

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  • Nickel : l’exportation vers la Chine divise la Nouvelle-Calédonie

     Un conflit oppose depuis deux semaines le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie aux mineurs et aux rouleurs (ceux qui transportent le minerai) à propos de l’ouverture d’un canal d’exportation de minerai de nickel à faible teneur vers la Chine. Le Comité du commerce extérieur minier (CCEM) et le Groupe de travail des présidents et signataires de l’accord de Nouméa (GTPS) ont tour à tour refusé d’octroyer des autorisations d’ex­portation vers la Chine, au motif qu’elles contrevenaient au schéma minier voté en 2009.

    Diversifier les débouchés

    L’australien Queensland Nickel (QNI) a durci les conditions des contrats proposés aux mineurs calédoniens tout en maintenant les volumes. Dans le même temps, il a augmenté ses approvisionnements aux Philippines, où le minerai est moins cher. Les exportations calédoniennes de latérites vers l’Australie sont de l’ordre de 2 à 2,5 millions de tonnes par an. Elles représentent un chiffre d’affaires annuel d’environ 6 milliards de francs CFP (50 millions d’euros) et un millier d’em­plois. Pour diversifier leurs débouchés, les mineurs calédoniens veulent donc se tourner vers la Chine, à l’exemple de la SLN, qui souhaite vendre 350.000 tonnes de minerai pauvre à Tsingshan, premier producteur mondial d’acier inoxydable. « Les rouleurs ont raison de craindre une baisse d’activité liée à la fragilité de QNI, aux conditions imposées à ses fournisseurs qui les obligent à travailler à perte, au manque d’alternatives commerciales, à la baisse du prix du nickel et aux difficultés financières touchant la plupart des sociétés du secteur », explique aux « Echos » Louis Ballande, le président de la Société des Mines de la Tontouta. « Nous ne voulons pas mourir », clament les banderoles accrochées aux camions, exprimant la détresse des sous-traitants qui acheminent le minerai de la mine au bord de mer et sont payés au voyage, quel que soit le type de minerai transporté.
    Fort du soutien apporté par les présidents des différentes institutions du pays, le président du gouvernement, Philippe Germain, refuse de céder sous la pression. « Il faut garder le minerai pour les clients traditionnels que sont le Japon et l’Australie ainsi que les usines détenues par des intérêts calédoniens », comme celle de Gwangyang, co­entreprise du coréen Posco et de la SMSP gérée par les indépendantistes de la Province Nord, dit-il. Le chef de l’exécutif propose d’examiner la question des exportations vers la Chine dans le cadre des discussions pour l’établissement d’une « doctrine pays », prévues en 2015 et 2016.
     
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  • Communiqué de la Commission Politique et Citoyenneté du FLNKS et Nationalistes

    Commission Politique et Citoyenneté                                                        
    Du FLNKS et Nationalistes
    12 bis rue Mangin      
    Immeuble le Richelieu
    Tel 28 72 90 Mail : politikcitoyennete@gmail.com 
     
      LE CORPS ELECTORAL SPECIAL DU REFERENDUM....
     
    Monsieur GOMES, arrêter la désinformation !!! 
     
     Calédonie Ensemble en la personne de Monsieur Gomès, dans les médias, pour essayer de rallier la population derrière son positionnement n’hésite pas à user d’informations mensongères. Il fait de la désinformation, quant à la constitution du corps électoral pour le référendum de 2018.
    * Les populations Kanak, si elles bénéficient d’une inscription d’office sur la liste électorale du REFERENDUM, ce n’est pas à cause de leur LIEU DE NAISSANCE, mais à cause de leur STATUT. Certains d’entre eux sont même nés en dehors de le NC mais ont ou ont eu le statut civil coutumier... Ils bénéficieront eux aussi de l’inscription d’office en tant que descendant du peuple colonisé, peuple qui détient un DROIT celui d’accomplir un acte d’autodétermination conféré par les instances internationales pour décider du devenir de leur pays ...
    Leur lieu de naissance n’a donc rien à voir !!!!
    * Beaucoup d’autres populations nés ou pas nés en Nouvelle Calédonie pourront, elles aussi, être inscrites d’office sur la liste du référendum : les populations arabes, asiatiques, françaises, polynésiennes...., soit, toutes ces populations qui figurent sur la liste électorale spéciale établie pour le scrutin du 8 novembre 1998. Toutes ces populations qu’on appelle « victimes de l’histoire » avait 10 ans de vie en Nouvelle Calédonie en 1998, puisqu’arrivée avant 1988. Leur lieu de naissance n’a donc, rien à voir, une fois de plus, pour leur inscription d’office sur la liste électorale du référendum.
    Ces populations, nés ou pas nés en NC seront traitées comme les kanak !!!! 
     
     
    * Par contre de nombreuses populations, pourtant nés en Nouvelle Calédonie, ne sont pas obligatoirement restées au Pays après leur naissance ....Certaines de ses personnes pourront elles aussi être inscrites sur la liste du référendum mais en accomplissant leur démarches en mairie. Ces personnes devront dire si elles ont
    encore le centre de leurs intérêts matériels et moraux en Nouvelle Calédonie ou si elles sont arrivées en NC avant le 31 octobre 1994,
    Nés ou pas nés en Nouvelle Calédonie, cela ne veut rien dire
    LE LIEU DE NAISSANCE N’EST PAS LE CRITERE RETENU PAR L’ACCORD DE NOUMEA
    C’est vous Monsieur GOMEZ qui DETRICOTEZ l’Accord de Nouméa quand vous faites croire à la population, sur les médias, que le Conseil Constitutionnel en 2007 n’aurait pas précisé que le Tableau Annexe sur lequel doivent figurer les électeurs pour prétendre à une inscription sur la liste spéciale PROVINCIALE est bien le Tableau Annexe établi en 1998 .... La Cour de Cassation ne fait qu’appliquer la règle redéfinie en février 2007 par le Conseil constitutionnel de Versailles. 
     
    Monsieur Gomès, le cinéma n’a que trop duré .... 
     
    N’allez pas mentir au Comité des Signataires exceptionnel le 5 juin ! Ça suffit ! 
     
     
    Nouméa le 28 mai 2015
     
    Commission Politique et Citoyenneté du FLNKS et Nationalistes

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  • Communiqué du Groupe UC-FLNKS et Nationalistes

     

     

     

     

    Note de presse  

     

                                                                                                                                 Nouméa, le 28 mai 2015  

     

      

     

    A l’approche du Comité des signataires extraordinaire qui doit se tenir à Paris le 5 juin prochain, le Groupe UC-FLNKS et Nationalistes a souhaité faire part à la population, de sa position etde ses choix politiques, lors d’une conférence de presse. Le contenu de celle-ci fait l’objet de cette note de presse.  

     

      

     

    Récemment, le gouvernement français a soumis au Congrès de la Nouvelle-Calédonie un avant-projetde modification de la loi organique portant sur la composition des commissions administratives spéciales chargées de l’établissement et de la révision des listes électorales spéciales pour les élections provinciales et pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, modification portant aussi surla consultation elle-même.   

     

    Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, dont les élus sont majoritairement non- 

     

    indépendantistes, a émis un avis défavorable sur cette proposition de modification de la loi organique.  

     

    Au cœur de cet avis défavorable se trouvent deux points clefpour les non-indépendantistes, à savoir les inscriptions automatiques sur la liste spéciale pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, et la demande de modification de l’article 188 de la loi organique qui définit le corps électoral pour les élections provinciales, base de la notion de citoyenneté calédonienne.   

     

    Le projet de modification de la loi organique en l’état actuel ne prévoit que l’inscription automatique sur la liste électorale pour la consultation des électeurs de statutcivil coutumier,et celle des électeurs ayant participé à la consultation du 8 novembre 1998 approuvant l’Accord de Nouméa. Les autres catégories d’électeurs doivent faire une démarche individuelle pour être inscrits sur cette liste mais peuvent toutefois voter s’ils remplissent les conditions requises à l’article 218 de la loi organique.  

     

    Or, les partis non-indépendantistes réclament l’inscription automatique de tous les natifs de Nouvelle-Calédonie.  

    Le Groupe UC-FLNKS et Nationalistes s’oppose à cette demande car l’inscription automatique de tous les natifs reviendrait à inscrire automatiquement pour cette consultation d’autodétermination toutes les personnes issues de la colonie de peuplement. Rappelons que l’Etat françaisavait fait de la Nouvelle-Calédonie une colonie de peuplement dans le seul but de rendre les Kanak minoritaires dans leur propre pays(directive de Pierre Mesmer de 1972 notamment). Rappelons aussi que le peuple kanak, seul peuple autochtone et colonisé de Nouvelle-Calédonie, réclame un référendum d’autodétermination depuis qu’il revendique l’indépendance. Quel aurait été le résultat d’un référendum d’autodétermination réalisé dans les règles du droit international et selon les principes des Nations Unies, si celui-ci s’était déroulé en 1975 ? Iln’aurait probablement pas été nécessaire de réinscrire la Nouvelle-Calédonie sur la liste des pays à décoloniser en 1986.  

    Aujourd’hui, accepter l’automaticité élargie est un piège de plus afin de rendre « démocratiquement» les Kanak minoritaires et ce dans la droite ligne des fraudes lors de l’établissement et de la révision des listes électorales provinciales, que nous, et la Commission Politique et Citoyenneté du FLNKS et des Nationalistes, avons dénoncéà plusieurs reprises, et qui avait fait l’objet d’une mission de visitedu Comité spécial de décolonisation des Nations Uniesen mars 2014.  

     

    Profitant de la venue sur le territoire d’une mission de l’Assemblée nationale menée par son président Claude Bartolone, les partis politiques non-indépendantistes ont manifesté devant le Haut-commissariat de la République française en Nouvelle-Calédonie, le vendredi 24 avril 2015, pour «réaffirmer leur volonté de rester français, dire «non à l’indépendance » » et exiger l’inscription automatique de tous les natifs sur la liste spéciale pour la consultation.  

     

    Suite à cette manifestation, le gouvernement français a proposé la tenue d’un Comité des signataires extraordinaire dont l’ordre du jour porterait uniquement sur l’inscription automatique des natifs.   

     

    Dans plusieurs communiqués (datés du 22 et 27 avril et du 5 mai) que nous vous avons également transmis, notre groupe politique a donné ses positions sur la question de l’inscription automatique et sur le Comité des signataires extraordinaire. Ses positions politiques sont celles que nous avons précédemment exprimées lors des commissions et de la séance publique du Congrès sur le projet de modification de la loi organique, en mars dernier.  

     

    Sur l’inscription automatique pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté: le Groupe UC-FLNKS et Nationalistes souhaite que, seules les personnes ayant ou ayant eu le statut coutumier, de même que, et seulement,les électeurs ayant participé à la consultation du 8 novembre 1998 approuvant l’Accord de Nouméa, puissent être inscrits automatiquement. Nous considérons en effet qu’il existe un contentieux et des fraudes sur la composition actuelle de la liste spéciale des élections provinciales et que, de ce fait, l’inscription automatique de tous les natifs n’est pas envisageable, et que celle des natifs, sur la base de leur inscription sur la liste spéciale pour les élections provinciales, est hautement problématique, considérant le contentieux susmentionné1.Notre position est simplement d’exiger le respect et l’application des critères des corps électoraux pour l’établissement des listes électorales spéciales, par tous les partenaires de l’Accord de Nouméa, y compris l’Etat.Nous avons affirméne pas être opposés au principe d’un Comité des signataires extraordinaire, à condition que l’ordre du jour porte également sur l’établissement sincère de la liste spéciale pour les élections provinciales. De plus, nous avons demandé au représentant de l’Etat en Nouvelle-Calédonie qu’il soit de même traité de l’implication du Comité de décolonisation dans l’organisation de la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, dans la continuitéde la demande de médiation formulée devant la Quatrième commission des Nations Unies en octobre 2014. Nous avons souligné au représentant de l’Etat que notre participation au Comité des signataires extraordinaire aura pour but de réaffirmer et faire valoir nos positions.De plus, nous renvoyons l’Etat face à ses propres responsabilités qui ont abouties aux dérives que nous subissons et qui opposent actuellement les Calédoniens sur ces questions. N’oublions pas que l’Etat seul est souverain s’agissant des élections et de la législation régissant l’établissement des listes électorales.  

     

    Or, tout ce qui s’est passé autour de la question des listes électorales et de la modification de la loi organique n’est qu’une preuve de plus que seul l’Etat est réellement décideur lorsqu’il est question d’enjeux aussi cruciaux pour l’avenir de notre pays. En effet, il est difficile de comprendre qu'au 21ème siècle des hommes et des femmes, citoyens de leur pays, parrapport à leur avenir institutionnel, ne possèdentque le pouvoir de donner un avis sur des textes non préparés par eux et dont la décision va, une fois de plus, dépendre de parlementaires, qui ne sont pas citoyens de la Nouvelle-Calédonie,ne vivent pas ici, et ne connaissentpas notre pays.  Cela porte le nom de «colonisation ».   

     

      

     

      

     

      Pour le Groupe UC-FLNKS et Nationalistes  

     

      Son président  

     

        

      Roch WAMYTAN

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  • Désolés Mr le professeur :" Plutôt mourir debout que vivre à genoux"

    Photo de Dieudonné Officiel.


    Mr Goa« Les mauvais élèves devront s’aligner »
     Ses avant-bras sont posés sur la table. Les doigts croisés. Impassible, le président du plus vieux parti du Caillou répond sans sourciller, sans paraître s’émouvoir des questions « gênantes » qui pleuvent. Même si elles concernent les tensions, pour le moins palpables, ressenties ces dernières semaines au sein de l’Union calédonienne, qu’il préside. Sans jamais se départir de son flegme, l’indépendantiste convaincu n’hésite pourtant pas à tancer certains membres de son propre camp et à louer l’attitude quelques minutes plus tard de Calédonie ensemble. Le maire de Hienghène est sûr de ses choix, de sa légitimité. Il répète à plusieurs reprises que lorsqu’il a adoubé Philippe Germain, il avait 30 des 32 comités locaux de l’UC derrière lui. « Le chef, c’est moi, et j’assume », comprend-on en filigrane. Et tant que les militants lui feront confiance, Daniel Goa tranchera.

     
    UNION CALÉDONIENNE

    " Je ne suis pas suicidaire "
     

    Quel est l’état de l’UC après le « choc » de l’élection de Philippe Germain à la tête du gouvernement ?
    Daniel Goa : Pareil qu’auparavant. Ce n’est pas ceux qui font le plus de bruit qui sont les plus représentatifs.
    Je ne suis pas suicidaire. Avant d’aller faire voter en faveur de Philippe Germain, j’ai fait le tour de nos structures : sur les trente-deux comités locaux, j’en ai au moins trente favorables. Dans les médias, des gens ont parlé de « putsch ». Non, moi je suis l’habitant de la maison, ce ne peut donc pas être un « putsch ».
     

    L’initiative a visiblement déplu à Roch Wamytan, et Gilbert Tyuienon n’était pas présent à l’élection. Qu’en penser ?
    J’ai été élu en 2012 face à plein de candidats concurrents. En 2013 à Lifou, il y en avait deux ou trois. En 2014 à Koné, il n’y avait plus personne, j’ai rallié l’ensemble des comités locaux. Ces quelques personnalités qui font les « mauvais élèves » devront s’aligner à un moment donné, sinon elles vont se retrouver toutes seules.


    Avez-vous eu peur du risque de scission ?
    Non. A aucun moment. Parce que j’ai déjà mené mes consultations.
     

    D’après vous, les secousses au sein de l’UC sont-elles passées ?
    Pour moi, l’épisode « Germain » est fini. Je suis dans la préparation de la méthode avec laquelle on aborde ensemble l’avenir. Et je travaille aussi à amener les gens de l’UC à analyser la réalité du rapport avec l’Etat aujourd’hui, pour changer les discours. Quand on porte des discours de clivage, on les transmet aux jeunes, et on ne leur permet pas de s’approprier pleinement la situation actuelle, c’est-à-dire leur place dans un environnement mondialisé.
     

    Quelle est l’intention ?
    La question porte sur les nouveaux rapports avec un Etat qui est présent, qu’on le veuille ou non, qui sera toujours présent. Comment renégocie-t-on cela ? Quelles sont les nouvelles armes à utiliser ? Les réponses ne peuvent venir qu’après analyses et partage de la réalité. Chose qu’on ne fait pas encore à l’UC. Je suis en train d’essayer de porter cela avec l’assemblée référendaire, pour pouvoir échanger avec l’ensemble de la population calédonienne.
     

    Les trois autres composantes du FLNKS pourraient-elles s’opposer à ce projet d’assemblée référendaire ?
    Je ne pense pas qu’elles vont faire de l’obstruction. Puisque, maintenant, avec l’élection de Philippe Germain, on est dans de nouvelles relations, on ne va pas s’affronter.
    Le centre du dispositif de l’accord de Nouméa, pour moi, c’est le FLNKS, ce sont les indépendantistes. On a réussi à tisser des relations avec Calédonie ensemble. Le travail c’est d’aller discuter avec les deux autres (le FPU et l’UCF, NDLR) qui restent en dehors, afin que tous les Calédoniens s’inscrivent dans un avenir commun.


     ■ COMITÉ DES SIGNATAIRES
    " Pas de détricotage de l'accord de Nouméa "

    L’Union calédonienne a annoncé qu’elle participerait au Comité des signataires extraordinaire. Qui seront ses représentants ?
    Nous n’avons pas encore arrêté les noms. Mais il y aura le président du groupe UC-FLNKS et nationalistes au Congrès (NDLR : Roch Wamytan), certainement accompagné de techniciens. Il n’est pas sûr que je me déplace.
     

    Vous attendez de ce comité qu’il entérine le principe des listes spéciales provinciales réservées aux personnes déjà inscrites en 1998, et pas seulement arrivées à cette date. Les non-indépendantistes ont une exigence diamétralement opposée. Est-ce que ça ne va pas être une pierre d’achoppement ?
    Certainement. Mais je constate qu’il y a tous les cinq ans des petits prétentieux qui débarquent dans les institutions et croient faire de la politique en s’évertuant à détricoter l’accord de Nouméa. Or il s’agit d’un accord d’équilibre basé sur des concessions de part et d’autre. A force de détricoter, on met en danger ce point d’équilibre. Il ne faut pas oublier que cet accord s’est construit pour éteindre les conflits de légitimité entre Caldoches et Kanak.
     

    Mais comment un comité pourrait-il parvenir à résoudre une pareille divergence ?
    Je crois que l’Etat s’est précipité parce qu’il y avait eu une action dans la rue. Ce n’est pas très serein de sa part. Nous irons à ce comité, mais pour défendre l’accord de Nouméa. Si cet accord n’est pas respecté, nous risquons de revivre ce que nous avons vécu.
     

    Le problème le plus clivant entre vous et les loyalistes ne porte pas sur la liste du référendum, mais sur celle des provinciales. Pourtant, cette liste n’est pas décisive en vue de la sortie.
    A mes yeux, les deux vont ensemble. Le corps électoral actuel très discutable pour les élections provinciales de 2019 impactera la crédibilité du résultat du référendum en 2018. Nous allons à ce comité pour défendre l’accord de Nouméa, pas pour négocier un détricotage.

    ■ AVENIR INSTITUTIONNEL

    " Nous allons dans le sens de la décolonisation "

    Le prochain congrès extraordinaire de l’UC portera sur l’assemblée référendaire. Que mettez-vous dans cette notion ?
    Aujourd’hui, il faut éviter de porter des discours qui nous enferment dans des clivages, dans une opposition qui n’est pas productive. Même si ça en arrange certains de faire peur. L’idée, c’est que les Calédoniens aient confiance en leur avenir et qu’ils apprennent à avancer avec des relations nouvelles avec l’Etat. C’est l’objet de l’assemblée référendaire. Tracer la société que l’on imagine pour demain, avec nos perspectives mais aussi des garde-fous. Ce projet est pratiquement finalisé à l’UC. Il sera soumis au congrès extraordinaire, le 13 juin, pour validation. Ensuite, il sera porté auprès de nos partenaires du FLNKS et indépendantistes, avant d’en discuter avec nos partenaires qui ne sont pas indépendantistes. C’est la seule manière, pour nous, de penser unité calédonienne.
     

    Vous avez déclaré qu’un seul référendum devait suffire et qu’après, vous entreriez en négociation avec l’Etat. Etes-vous toujours sur cette position ?
    Quand je dis cela, c’est pour rappeler les différentes consignes passées depuis Nainville-Les-Roches, mais aussi les résolutions des Nations unies pour dire qu’il n’y a qu’un seul peuple qui est colonisé et déstructuré dans son organisation sociale. En disant cela, je parlais du train qui part, et il faut être dedans au moment où il part. Il n’est pas envisageable que certains restent sur le quai.
     

    Gilbert Tyuienon voit l’indépendance dès 2018. C’est également votre analyse ?
    Notre postulat c’est que le départ du train, c’est le premier référendum. Même si, mathématiquement, nous savons que les Kanak seront majoritaires, et ce, dès 2018. Encore faut-il qu’ils aillent voter et qu’ils soient indépendantistes. C’est le jeu démocratique, mais nous allons dans le sens de la décolonisation.

    ■ NICKEL

    " Nous avons tiré la leçon des pays coloniaux "

    Comment la Nouvelle-Calédonie peut-elle atteindre les 51 % dans le capital de la SLN ?
    Il faut que l’on ait des discussions. Puisqu’auparavant, il était convenu que les parts de l’Etat soient transférées à la Nouvelle-Calédonie. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Conclusion, nous sommes « opéables » (qui peut faire l’objet d’une OPA, offre publique d’achat, NDLR). Nous sommes inquiets. Pas par rapport à la SLN en tant qu’usine, mais à la SLN en tant que propriétaire de la ressource.
    Une des raisons pour lesquelles on a accepté d’élire Philippe Germain, c’est qu’avec Calédonie ensemble, nous sommes dans la même démarche : 51 % dans la SLN en transformant les actions que nous avons déjà dans Eramet.
     

    Comment définiriez-vous la stratégie nickel de l’UC ?
    Pour construire notre vision, nous avons tiré la leçon de tous les pays coloniaux. La pratique, c’est que les Etats s’approprient les richesses. Dans le cas de notre pays, il faut se donner les moyens de réussir cette évolution, et de préserver notre ressource.
    La première ressource, c’est le nickel, mais, pour moi, il y en a trois autres :
    la biodiversité, la Zone économique exclusive, et toute la population calédonienne, la matière grise qu’il faut valoriser. Avec tout ce potentiel, on peut « tenir la route ».
     

    Le parti a dit que les exportations de minerai devaient cesser. Pouvez-vous préciser cette idée ?
    A notre congrès de Koné l’an dernier, nous avons effectivement indiqué qu’en 2019, les exportations doivent cesser. Soit dans cinq ans. Une des orientations de notre stratégie, c’est de permettre aux mineurs de travailler, sans les à-coups liés aux cours du nickel. Nous avons imaginé la NMC, qui est l’exportateur de minerai vers Posco, comme le seul exportateur autorisé ici pour alimenter les usines offshore du pays.
     

    ■ HIENGHÈNE

    " Des décisions dans la rigueur "


    Comment se portent les finances communales qui étaient dans le rouge ?
    Quand nous sommes arrivés à la gestion municipale en mars 2014, la commune devait déjà être mise sous tutelle en janvier. Il y a eu, par le passé, une stratégie de développement assez ambitieuse, avec des investissements de plus d’un milliard de francs par an. Beaucoup d’avancées sur les chantiers : routes, eau potable, tourisme... Sauf que, derrière, on n’a pas mis les dotations aux amortissements. A notre arrivée, on a arrêté les gros investissements jusqu’en 2017, on a emprunté 95 millions pour payer une partie des dettes, on restructure l’équipe municipale, on réorganise... Des décisions dans la rigueur.

     

    Quels sont les atouts de Hienghène ?
    Le tourisme a déjà été valorisé, il fonctionne, mais il y a encore plein de choses à faire, comme le « label Hienghène » pour le style des maisons. Il y a beaucoup d’accueil en tribu, les gens apprécient, mais sur le plan des aménagements, il y a sans doute des corrections à apporter pour changer le visage de la tribu. On va par ailleurs remettre le projet du stade à l’ordre du jour. Les jeunes le méritent.


    ■ C'est dit

    « La plupart des gens, que ce soit à droite ou à gauche, n’ont pas compris que nous étions dans un accord de décolonisation. » « Sur beaucoup de nos dossiers institutionnels, Calédonie ensemble se retrouve être aux avant-postes dans la démarche. Et je crois qu’on est en train de créer une dynamique avec Calédonie ensemble. On va pouvoir mettre tout le monde en mouvement. » « Les gens d’aujourd’hui ne connaissent pas les positions du FLNKS. Même au sein du FLNKS, il n’y a pas de lisibilité dans l’action. La population a besoin de l’assemblée référendaire pour partager et s’approprier nos idées. »

    ■ Du tac au tac

    Double drapeau ou drapeau commun ?
    Drapeau commun.

     

    Plutôt Paul Néaoutyine ou Roch Wamytan ?
    Je préfère botter en touche.

     

    Plutôt franc Pacifique, euro, ou nouvelle monnaie ?
    Nouvelle monnaie.


    ■ Bio express

    15 juin 1953 : naissance à Hienghène, à la tribu de Haut-Coulna.
    Ecole à Hienghène. Collège à
    l’internat Saint-Jean et lycée
    au Père-Guéneau à Bourail.
    1973 : adhésion aux Foulards rouges.
    1975 à 1988 : séjour en Métropole. Armée, puis formation en mécanique, et travail dans une usine de montage en Vendée.
    1978 : adhésion au Parti communiste. Part deux fois à Moscou pour une formation en économie politique.
    1982 : formation en droit à Nantes.
    1988 : entrée à la Cafat, régime Retraite. Adhésion à l’Union calédonienne.
    1995 : conseiller municipal à Hienghène.
    1996 : directeur de cabinet de Léopold Jorédié, à la province Nord.
    2002 : siège à la province Nord.
    2009 : siège au Congrès.
    2012, 2013, 2014 : élu président de l’UC.


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  • "François : et le génocide Kanak ? Quand est-ce qu'on en parle ...? "

     Les génocides occidentaux dans l'histoire - La nécessaire déconstruction de la civilisation occidentale

     
    Les génocides occidentaux dans l'histoire - La nécessaire déconstruction de la civilisation occidentale
     
     Les génocides occidentaux dans l'histoire
    La nécessaire déconstruction de la civilisation occidentale
     
    «Quand la violence entre par la porte, la loi et la justice sortent par la cheminée.» (proverbe turc)
     
       Encore une fois, l'actualité mean stream nous rattrape et nous oblige à témoigner pour déconstruire un mythe et dans le même mouvement replacer les meurtres de masse depuis la découverte du Nouveau Monde. Nous ne parlerons pas des différents massacres de masse de peuples entiers, les Indiens, les Aztèques, les Incas, avec la bénédiction de l'Eglise et ceci malgré les rares suppliques à l'instar de celle de Bartoloméo de Las Casas.

    Le mot génocide est-il une marque déposée?
     
    Le terme génocide est apparu pour la première fois dans l’étude Axis Rule in Occupied Europe en 1944 pour tenter de définir les crimes perpétrés par les nazis à l'encontre des peuples juifs, slaves et tziganes durant la Seconde Guerre mondiale, ceux commis par le gouvernement des Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman à l'encontre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale et ceux dont furent victimes les Assyriens en Irak en 1933. Même la terminologie doit obéir au magistère. Ce terme nous dit- on ne doit pas être utilisé à tort et à travers d'autant qu'il y a des mots qui sont interdits d'utiliser.
     

    A titre d'exemple je cite l'article sur La déportation de Noirs. Rosa Amelia Plumelle-Uribe écrit: «Lors d'une table ronde sur la traite des Noirs et l'esclavage, en octobre 1998, j'avais traité le thème de «la déportation massive d'Africains, un crime contre l'humanité». De retour vers Paris, un historien, professeur à l'université d'Orléans, m'a suggéré d'une façon très amicale de «ne pas employer le mot déportation s'agissant de la traite car il vaut mieux éviter les malentendus». (...) J'ignorais que même le droit d'appeler par son nom la déportation d'êtres humains la plus gigantesque que l'histoire de l'humanité ait connue pouvait nous être contesté. (...) Ainsi, parce que les auteurs de ces actes barbares privilégièrent l'emploi d'euphémismes comme «traite», nous serions priés de nous en tenir là? Le monopole des mots et des définitions n'est pas anodin. Il fait partie de la manipulation de l'histoire et du contrôle de son interprétation (...) Il est temps et il est nécessaire qu'au moins les Noirs sachent que la différence fondatrice du décalage entre le génocide afro-américain et les génocides hitlériens relève non pas des faits, mais de leur qualification juridique.» (1)

    La réalité des massacres des Arméniens
     
    On ne peut comprendre l'acharnement de certains pays dont la France à qualifier les massacres de la Première Guerre mondiale des Arméniens de génocide sans parler de la réalité et de la qualification des faits. Interrogé par les journalistes du Monde, sur son refus de reconnaître le génocide arménien, Bernard Lewis, professeur à Princeton, déclare: «(..) Vous voulez dire reconnaître la version arménienne de cette histoire? Il y avait un problème arménien pour les Turcs à cause de l'avance des Russes et d'une population anti-ottomane en Turquie, qui cherchait l'indépendance et qui sympathisait ouvertement avec les Russes venus du Caucase. Il y avait aussi des bandes arméniennes - les Arméniens se vantent des exploits héroïques de la résistance -, et les Turcs avaient certainement des problèmes de maintien de l'ordre en état de guerre. Pour les Turcs, il s'agissait de prendre des mesures punitives et préventives contre une population peu sûre dans une région menacée par une invasion étrangère. Pour les Arméniens, il s'agissait de libérer leur pays. (...) Nul doute que des choses terribles ont eu lieu, que de nombreux Arméniens - et aussi des Turcs - ont péri. Mais on ne connaîtra sans doute jamais les circonstances précises et les bilans des victimes. (...) Pendant leur déportation vers la Syrie, des centaines de milliers d'Arméniens sont morts de faim, de froid... Mais si l'on parle de génocide, cela implique qu'il y ait eu politique délibérée, une décision d'anéantir systématiquement la nation arménienne. Cela est fort douteux. Des documents turcs prouvent une volonté de déportation, pas d'extermination.(2)
     
    Pour Bernard Lewis, la vérité historique, l'honnêteté intellectuelle et le devoir de mémoire auraient voulu que le souvenir des populations musulmanes d'Anatolie orientale massacrées par les Brigades de Volontaires Arméniens engagées dans les rangs des troupes tsaristes, soit également évoqué dans ce débat. Mais force est de constater que les Arméniens se gardent bien de parler des atrocités qu'ils ont commises à l'encontre des Turcs, et passent sous silence leur alliance avec la Russie contre l'Empire ottoman...(3) (4)
     
    Gilles Martin-Chauffier rédacteur en chef de Paris-Match et écrivain, a malgré l'acharnement des biens-pensants refusé d'utiliser le mot génocide. Pour lui, La Turquie a été dépecée. L'Arménie s'est retrouvée avec le tiers de la Turquie. Elle allait de la mer Noire à la Syrie. Pourquoi elle a eu un tel cadeau l'Arménie? Pourquoi un cadeau aussi extraordinaire, sinon parce qu'elle avait rendu des services extraordinaires.» (5)...
     
    Un autre témoignage est celui de l'historien irlandais le Dr Patrick Walsh qui déclare: «Les faits sont des tragédies pour les chrétiens et pour les musulmans. Mais si la question reste plantée sur l'expression de génocide', nous n'avancerons jamais. Tout le monde sait qu'à l'origine de la question, il y a les grandes puissances comme la Russie.» Walsh met l'accent sur l'importance des démarches lancées par la Turquie pour une réconciliation et ajoute que les Turcs et Kurdes sont aussi les victimes des incidents de 1915 tout comme les Arméniens. Pour lui «l'éventualité d'un Etat arménien n'était pas possible car la population arménienne était une minorité à l'est de l'Anatolie. Les pays de l'Entente ont intelligemment profité des Arméniens. Et les Arméniens qui ont compté sur les pays de l'Entente ont fait une mise.» Patrick Walsh s'attarde également sur le rôle de l'Angleterre tout comme la Russie sur ces incidents et indique que «l'Angleterre a entraîné la déstabilisation de la région dès le début du 20e siècle. (...) Les nationalistes arméniens qui ont profité de la Première Guerre mondiale qui a opposé l'Etat ottoman à la Russie en 1914, ont collaboré avec les forces russes pour créer l'Etat arménien. Quand l'armée russe envahit l'Est de l'Anatolie, elle connaît un grand soutien des Arméniens ottomans (...). En même temps, les gangs arméniens ont massacré et réprimé les civils dans les endroits qu'ils ont occupés. (...) En raison des attaques qui se sont poursuivies une décision a été adoptée le 27 mai 1915 pour la déportation des Arméniens dans les zones de conflits et en coopération avec l'armée russe occupante». (6)

    La genèse réelle de ces massacres: la lutte contre l'islam
     
    Tour revient en définitive, à la lutte contre l'islam représenté par l'Empire ottoman, l'homme malade de l'Europe et que la sainte coalition a arrêté aux portes de Vienne en 1687. Par la suite, l'empire vermoulu fut attaqué de toutes parts par les deux nations diaboliques de l'époque, la perfide Albion et son acolyte le coq gaulois sous prétexte de précaution des minorités «La genèse historique de l'Occident, lit-on sur cette contribution, étant ce qu'elle est, cette histoire de la civilisation judéo-chrétienne jonchée de périodes troubles est entachée de crimes de masses, de génocides, de pogroms que l'Occident aimerait oublier à défaut de pouvoir l'occulter totalement. En dépit de toutes les accusations portées à l'encontre de l'islam, il n'a jamais été prouvé que cette religion, dans sa dimension politique, idéologique ou même spirituelle, ait été à l'origine de génocides ou de pogroms. (...) Si aujourd'hui avec la France en tête, les Occidentaux reprochent à la Turquie de ne pas admettre un génocide taillé sur mesure pour les descendants des Ottomans, c'est l'islam, par prolongement, qui est bien entendu visé.... Nombreux sont les historiens, intellectuels et écrivains, des Arméniens comme Asoghik et Mathieu d'Edesse à Voltaire, en passant par Lamartine à Claude Farrère, Pierre Loti, Philip Marshall Brown, Michelet, Sir Charles Wibon, Bronsard, Edgar Granville et bien d'autres qui ont fait l'éloge de la gestion admirable et équitable de la société multi-ethnique du Califat ottoman. Alors que la même époque l'Europe judéo-chrétienne vivait ses moments plongés dans les ténèbres de l'ignorance et de la barbarie médiévale et de l'inquisition.» (7)
     
    Que s'est-il passé? Il semble que les Occidentaux ont promis l'indépendance aux Arméniens. «Au début du XXe siècle, les Arméniens se trouvent au sein d'une tourmente entre Orient et Occident. « Manipulés par les Russes, puis par l'Europe, les Arméniens occupant des positions-clés au sein de l'appareil d'Etat ottoman, ont joué un rôle décisif et n'hésitèrent pas à participer à la déstabilisation du Califat. En 1915. Le nouvel Empire ottoman n'était plus qu'un petit territoire de 120.000 kilomètres carrés, couvert en majeure partie de terres inexploitables. La Première Guerre mondiale achève son démembrement; les territoires arabes qu'il contrôle (Syrie, Palestine, Liban, Irak, Arabie) sont placés sous protectorat britannique et français (accord Sykes-Picot), le Caucase est perdu. Le traité de Sèvres du 10 août 1920, consacre le démembrement de l'Empire ottoman. La SDN confie les provinces arabes à la France et au Royaume-Uni. Il sera révisé par le traité de Lausanne du 24 juillet 1923, conclu avec la Turquie 'moderne'' d'Atatürk. Pour Norbert de Bischoff, 'Ainsi s'effondrait après une chute sans égale, un des plus grands empires qu'ait connus l'histoire moderne.» (7)

    La modernité génocidaire commence en 1492
     
     Si nous voulons  en honnêtes courtiers rapporter les faits ou plutôt les méfaits d’Un Occident sûr de lui,  dominateur et dictant la norme, il nous faut remonter loin dans le temps pour comprendre cette pulsion de donner la mort aux peuples faibles ,sous couvert d’évangélisation, de civilisation  pour nous faire  entrer dans l’histoire pour utiliser une expression malheureuse    de Nicolas Sarkozy venu apprendre à Dakar ,aux Africains  de ne plus rêver  et d’entrée dans cette histoire que l’Occident a inauguré dit-on avec les grandes découvertes.. Ce fut la curée  synonyme de Règle des  trois C. Christianisation, Commerce, Colonisation . Il est sûr, écrit l'écrivain éclectique Kaddour M'Hamsadji, présentant l'ouvrage «L'Occident à la conquête du Monde» (8); que nous observons avec le grand historien français Marc Ferro, ce qu'il dénonce dans son «Livre noir du colonialisme, XVIe-XXIe siècles», quand il écrit: «Aujourd'hui, devant les famines qui menacent, les grandes puissances jouent les Ponce Pilate comme si elles n'étaient pas des agents de cet impérialisme multinational qui, sur les populations les plus faibles, resserrent les rets de la mondialisation. Un autre génocide, d'une certaine façon?» Mais, en vérité, «l'odieux prestige» de l'Occident impérialiste, dans tous ses états de terreur et de répression, aura commencé des siècles et des siècles plutôt dont celui où se sera inscrite l'année 1492. Cette date n'aura été qu'un repère bien «médiocre» sur son parcours vers la domination totale des peuples qu'il aura fallu convertir aux «valeurs de l'Occident»... »(9) 
     
    « À ce sujet, l'ouvrage «L'Occident à la conquête du monde» de Chems Eddine Chitour apparaît comme une étude riche en questionnements. «Le postulat de départ, écrit-il, est que l'Occident chrétien se veut être, à tort, le seul producteur de sens et de normes. [...] Mais le régime colonial n'est pas seul en cause, pas plus qu'un antisémitisme allemand permet d'ignorer parfois l'extension des crimes contre des non-juifs et les ordres d'extermination mis en oeuvre avant 1914 contre les Hereros du Sud-Ouest africain.» «Décrire toutes les horreurs induites par la colonisation, sans décrire les fondements des processus de colonisation, ne pourrait permettre de savoir ce qui s'est réellement passé et pourquoi cela s'est passé.» En conclusion, ayant savamment «déconstruit notre imaginaire hérité».(9)

    Des bons et des mauvais génocides
     
    Dans le même ordre de la déconstruction/reconstruction du modèle occidental , une étude magistrale de Mohamed Abassa fait d'une façon élégante mais sans concession le procès de ce magistère occidental dixit adoubé par l'Eglise qui dit-il connaît l'histoire et ne se trompe pas. Il écrit: «Le pape François, dont on devine l'immense bonté pour tout ce qui est chrétien, déplore et dénonce les trois génocides du siècle dernier: le massacre des Arméniens chrétiens, les massacres nazis contre les juifs et les massacres du stalinisme communiste, du Rwanda, du Burundi et du Cambodge. (...) Pourquoi être comptable de seulement trois génocides et autres suggérés accessoires par le non-dit, et pourquoi sur un seul siècle? Les Etats-uniens comptent, à eux seuls, plus de 2000 agressions militaires directes contre des pays souverains, 402 traités de paix par eux violés, et résultat de la course, plus de 50 millions d'êtres humains massacrés par leurs armées dans les cinq continents ». (10)

    « Personnellement poursuit l’auteur, , le massacre d'un seul être humain pour le motif de ses idées, de sa peau, sa religion, sa race ou ses croyances constitue en soi un génocide. Tuer quelqu'un parce qu'il est juif, chrétien ou musulman, athée ou agnostique ou rien de tout cela, est un génocide. Qu'a fait la papauté de Pie XII pour dénoncer les massacres de civils algériens, 40.000, un véritable génocide, le 8 mai 1945, à Sétif? Rien». (...) Ces génocides des cinq derniers siècles où donc sont-ils passés dans la mémoire du saint pape? Sont-ils oubliés, gommés parce que l'Eglise, la chrétienté et l'Occident y sont impliqués jusqu'à l'os? L'occupation et l'évangélisation des Amériques par l'Eglise et les Européens, Anglais, Espagnols, Portugais, Hollandais et Français en tête, ont provoqué des millions de morts, des centaines de génocides! Qui en parle? Personne. Est-ce de bons génocides? Qui ne dit mot consent. Qui a exterminé, il y a moins de trois siècles, les Sioux, les Apaches, les Navarro, les Cheyenne, les Cherokee, les Creeks, les Iroquois, les Esquimaux? Tous massacrés, leur bétail aussi et leurs récoltes incendiées pour les faire mourir de faim et de maladies, pour les exterminer, éteindre à jamais leurs races. L'épopée du Far West n'est rien d'autre qu'une fumisterie cachant une multitude infâme de génocides dont l'Eglise était partie prenante.» «Epopées odieuses dont s'est inspirée l'armée coloniale française pour tenter d'éteindre à jamais la race algérienne, A l'arrivée, par la force, de la France en Algérie, la population algérienne était estimée entre sept et huit millions d'habitants. En 1920, elle était estimée par l'administration coloniale à sept millions d'individus alors que normalement elle aurait dû être atteindre statistiquement, sur la base d'un taux de progression démographique moyen, pendant un siècle, les 11 millions d'habitants. Où sont donc passés les quatre millions d'Algériens manquants selon les prévisions des calculs démographiques? C'est tout simplement les effets différés et cumulés de la politique de 100 ans d'exterminations,(...) Ce que qualifieront Victor Hugo, Jules Ferry et Alexis de Tocqueville de «marche de la civilisation sur la sauvagerie». Ce à quoi répliquera tranquillement l'Emir Abdelkader: «Non, messieurs des Misérables c'est votre sauvagerie qui marche sur notre civilisation. Je reconnais vos traces et vos passages à mes bibliothèques et livres brûlés.» (10)
     
    Camille Loty Malebranche a bien raison d'écrire: «La seule morale des puissances occidentales, est leur prépondérance et au nom de celle-ci tout, même l'argument du divin et de l'humanisme humanitaire, est évoqué pour autoriser les guerres, les bombardements et les crises humanitaires dues aux pires détresses humaines. (...). L'Occident crée les conditions de multiples détresses dont il n'assume point sa sinistre responsabilité.»(11)
     
    Les massacres de masses des Arméniens , n’ont pas jailli du néant, ils sont la conséquence es Nations occidentales qui ont donné l’illusion à l’Arménie , que la « bête était morte » et que la curée pouvait se faire sur la dépouille encore frémissante de l’empire ottoman  attaqué  de toute part depuis plus d’un siècle notamment après la bataille de Lépante où l’Eglise rameuta tous les croisés ; C’était en 1827. Ce fut ensuite, les attaques des grecs , des bulgares, ce fut ensuite l’ingérence directe dans   « la question d’Orient » où l’Angleterre et la France avaient tout fait pour exciter les Chrétiens, au point qu’ils subirent des massacres en Syrie ; On le répétera jamais assez ce fut un Musulman qui sauva les 3000 chrétiens, les logea les protégea les nourrit , jusqu’à ce que les émeutes s’arrêtèrent . Résultat des courses on imposa à l’empire un gouverneur chrétien pour s’occuper des Chrétiens  « Moutassarif » . Ce fut ensuite des prêts toxiques qui achevèrent de ruiner l’empire vermoulu, jusqu’à cette première guerre où l’Empire ottoman se rangea du mauvais côté. La guerre n’était pas encore terminée que les acolytes Sykes et Picot  commencèrent à se partager la dépouille …
     
    En définitive,  Il ne sert à rien de nous devons ré étalonner les mots et convenir dorénavant que toute vie humaine perdue est une tragédie sans faire dans l'étalonnage par le nombre.   L’Occident a perdu tout magister moral  que les nations lui faibles lui avaient attribué. Il nous fait découvrir chaque jour sa nature ; Sous des mots doucereux,  Il nous sature l diode avec les Droits de l’Homme – en fait des Droits de l’Homme Occidental-  il nous berce d’illusions sans lendemain. Nous devons imaginer de nouvelles grilles de lecture, qui doivent nous aider à mieux appréhender le monde et ne plus développer des réflexes pavloviens au moindre stimuli des médias occidentaux  qui nous vendent un projet d’accaparement du monde au profit, non pas des couches laborieuses, même  dans ces pays occidentaux, mais au profit exclusif d’une oligarchie  qui tient les rênes du grand capital et partant de la marche du monde. Pour paraphraser  Jean Paul Sartre  quand les riches se font la guerre , ce sont les faibles qui meurent. Ceci à moins de résister et patiemment montrer qu’ il y a une alternative, que l’on peut coexister  ensemble sans s’étriper. Faisons la paix, malgré eux, unissons nous pour un monde meilleur 

     
       

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  • 5 mai 1889. La France expose fièrement ses "nègres", Kanaks et Annamites à l'Expo universelle.

     

    Les Français se précipitent pour visiter le village indigène reconstitué sous la tour Eiffel.
     
    5 mai 1889. La France expose fièrement ses "nègres", Kanaks et Annamites à l'Expo universelle.
     
     
     
     
     
    Le 5 mai 1889, quelque quatre cents Africains et Asiatiques prennent possession du Champ-de-Mars. Ce n'est pas une manif de sans-papiers avant la lettre, ni une réunion de rappeurs, mais les habitants du village indigène de l'Exposition universelle dont l'ouverture officielle est pour le lendemain. Attraction phare de l'Exposition, ces Africains, Kanaks et Annamites ont l'immense honneur (!) d'être les habitants du premier "village indigène" organisé dans le cadre d'une "exhibition ethnologique". Plusieurs expositions précédentes en Europe et en Amérique ont déjà montré de petits groupes d'individus, ou même des personnes seules, parfois même dans des cages. Mais plusieurs centaines d'indigènes du bout du monde répartis dans plusieurs villages, c'est du jamais-vu. Le gouvernement de Carnot garantit l'authenticité des Sénégalais, Gabonais ou Congolais ramenés de leurs forêts primitives ! On n'est pas allé les chercher à la Goutte-d'Or ou encore dans le 13e arrondissement... Il s'agit de vraies pièces originales ! Approchez, approchez ! Touchez ! Certains savent même parler et, qui plus est, français !

    Vingt-huit millions de visiteurs

    Les organisateurs de l'Exposition universelle sont finalement animés par les meilleurs sentiments : ce qu'ils désirent avec l'étalage de cette chair fraîche, c'est montrer comment une nation civilisatrice comme la France a tiré de leur obscurantisme ces êtres primitifs entre animaux et hommes. C'est l'Occident tendant la main aux maillons manquants de l'évolution humaine ! Le pire, c'est qu'ils le croient sincèrement !

    Pendant près de 6 mois, 28 millions de voyeurs défilent sur les Invalides pour épier ces malheureux répartis dans une demi-douzaine de villages reconstitués. Les brochures expliquent aux visiteurs que leurs habitants vivent, travaillent et s'amusent exactement comme au pays. Il y a là des Arabes, des Kanaks, des Gabonais, des Congolais, des Javanais, des Sénégalais... Les visiteurs mais aussi les scientifiques se précipitent. Pour une fois qu'ils ont l'occasion d'observer, de palper, de parler à ces primitifs sans avoir à courir à l'autre extrémité du monde.

    Fantasmes du Blanc

    À vrai dire, les villages ne sont pas construits avec un grand souci d'authenticité. Décors, costumes, accessoires... sont censés représenter leur "milieu naturel", mais tout est mis en scène, caricaturé, stéréotypé. Par exemple, le village pahouin (tribu habitant la rive droite de l'Ogooué) n'est pas habité par des Pahouins, mais par des Adoumas et des Okandas. "Au premier abord, on ne percevra pas grande différence entre ces deux races, et tous ces nègres sembleront appartenir au même type", note alors le géographe et archéologue Louis Rousselet. À propos du village sénégalais, le même auteur remarque : "Ici, c'est la mare où nous voyons accroupie une des femmes du village, dont les attributions sont de laver le linge des habitants. Et vous pouvez être certains qu'elle ne chôme pas. Les nègres sont propres et aiment à porter des vêtements toujours frais." Et s'il avait connu Obama, il aurait pu ajouter qu'ils sont également blagueurs...

    On demande même parfois aux indigènes de jouer la comédie ! Ici, des femmes aux seins nus se livrent à des danses soi-disant guerrières. Là, des hommes battent tambours en inventant carrément des rituels pour l'occasion. Ce qui marche très bien auprès des visiteurs, ce sont les combats, forcément simulés... Pas question de décevoir le public venu chercher de l'exotisme. On leur demanderait presque de se bouffer entre eux juste pour confirmer aux Blancs qu'ils ont raison de les croire cannibales.

    Liberté, égalité, fraternité

    Pour autant, les indigènes présentés ne sont pas des comédiens engagés pour l'occasion. Ils ont été recrutés dans leurs pays d'origine par des imprésarios ou des chefs d'expédition, aidés souvent par des chefs de village, les fixeurs de l'époque. Ils sélectionnent les beaux spécimens, leur font passer de véritables castings. Le public de l'Exposition universelle se croit souvent au zoo, n'hésitant pas à railler à voix haute les traits simiesques. On compare ces sauvages à des singes, montrant du doigt leurs lèvres énormes, leur teint huileux, leurs cheveux crépus. D'ailleurs, comme devant la cage d'un singe, certains visiteurs jettent de la nourriture, des babioles. On a même surpris un touriste venu de Barcelone, lancer une banane... Beaucoup se moquent des indigènes malades, tremblant à la porte de leur case. Ils sont là pour se marrer, ils n'ont sûrement pas payé pour pleurer sur leur sort. Horrible...
    En marge de l'Exposition, loin du cadre officiel, des petits malins ont compris qu'il y avait de l'argent à se faire en exhibant eux aussi des sauvages. C'est le cas du Hollandais Godefroy, qui rassemble des Angolais rue Laffitte. Tandis qu'un certain Gravier installe 18 Accréens (des Ghanéens de la région d'Accra) au 62 quai de Billy (actuel quai Branly). Il les avait déjà montrés à Amsterdam en 1880, mais, fait curieux, ils étaient alors 23. Que sont devenus les cinq manquants ? Nombreux sont les participants à ce genre d'exhibition qui ne rentreront jamais chez eux, victimes de maladies occidentales comme la variole, la tuberculose... Des victimes collatérales. 

    On oublie alors que l'Exposition universelle de 1889 est censée symboliser le centenaire de la prise de la Bastille, et la devise républicaine : liberté, égalité et fraternité.
    et
     
    source

     

       
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  • Le 1er mai solidaire de l’USTKE

    Les guerrières de l'USTKE
    Pour la trente-troisième année, l’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités a défilé en ville, en ce jour de fête du Travail. Une célébration placée cette année sous le signe de la solidarité avec le Vanuatu, dévasté après le passage du cyclone Pam en mars dernier.

    Du commerce en passant par la fonction publique ou le transport, toutes les branches de l’USTKE étaient représentées dans le défilé d’hier.
     
     
    Défiler pour se souvenir des combats menés et de ce qu’ils ont apporté en termes d’acquis sociaux. C’est tout le sens de la marche organisée hier matin par l’Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités (USTKE) en ce jour éminemment symbolique du 1er mai.
    Plus d’un millier de personnes se sont jointes à la marche, partie du boulodrome de la Vallée-du-Tir pour rallier le haussariat et la place des Cocotiers. Marie-Pierre Goyetche, la présidente de l’USTKE en tête, responsables politiques, syndicaux et religieux ouvraient le cortège qui s’est étiré sur plusieurs centaines de mètres.
    Rumeur. Un arrêt devant le CHT Gaston-Bourret pour saluer le « camarade Franky » a permis de couper court aux rumeurs qui enflaient sur les réseaux sociaux dans la matinée sur le décès de Franck Apock. Souffrant, le quatrième vice-président de l’USTKE, membre du bureau confédéral est hospitalisé depuis le 11 avril dernier. « Il est certes fatigué, mais en vie », confirmait hier matin sa belle-sœur Linda aux Nouvelles calédoniennes. Elle a d’ailleurs agité un drap blanc depuis la chambre du malade au passage du cortège.
    Après le défilé, tout le monde s’est retrouvé au boulodrome de la Vallée-du-Tir pour une journée d’animations placée sous le signe de la solidarité avec le Vanuatu. Dix-huit artistes ont pris part au concert organisé pour l’occasion par l’USTKE, Megamiouz et HPS.


     Mr Forest Président par intérim de l'USTKE

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  • L'état français peut-être pas socialiste mais bel et bien sioniste

    20140730_145612.jpg

    Séance solennelle dans l’hémicycle du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, le 24 avril 2015

    Allocution de M. le Président Claude Bartolone

    Monsieur le président du Congrès,

    Monsieur le président du Gouvernement, 

    Madame la députée, Monsieur le député,  

    Monsieur le Haut-commissaire,  

    Messieurs les présidents des assemblées de province,  

    Mesdames et messieurs les élus du Congrès, Mesdames et messieurs,  

      Je suis à la fois très heureux et honoré de m’exprimer devant vous aujourd’hui, en tant que président de l’Assemblée nationale.  

      Je vous remercie de m’accueillir dans cette « troisième assemblée législative » de la République comme aime si justement à la désigner votre président, Gaël Yanno.   

       Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, à côté des assemblées de province et du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, est le symbole de votre organisation institutionnelle, une organisation sans équivalent au sein de notre République, fruit de votre histoire.  

      « Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun. » C’est en rappelant les traces de l’histoire que nul ne peut effacer, que l’Accord de Nouméa fixe à tous les Calédoniens, dans ce magnifique préambule, l’horizon d’un avenir partagé pour tous les enfants de cette terre, un avenir dont la construction doit, hier comme aujourd’hui, unir tous les efforts.  

    Cet Accord, que vos représentants ont signé avec le Premier ministre Lionel Jospin, dans le prolongement de la voie ouverte par Jacques Lafleur, Jean-Marie Tjibaou et Michel Rocard, a incontestablement permis à la Nouvelle- 

    Calédonie non seulement d’avancer vers une autonomie toujours croissante, en la dotant à cette fin d’un cadre institutionnel totalement original –, mais aussi de renforcer le rééquilibrage économique et la cohésion sociale de son territoire.  

      Aujourd’hui, à l’aube des échéances majeures qui vous attendent, vous élus et citoyens calédoniens, je suis frappé par la mutation économique et sociale que connaît la NouvelleCalédonie même si, dans le même temps, elle est traversée par des questions cruciales quant à son identité et à son avenir.  

       Cette mutation profonde de chacune des provinces, je l’avais déjà perçue lors de ma précédente visite, en avril 2010.   

      En compagnie de Gaël Yanno, guide ô combien précieux et attentif pour faire connaissance de la Nouvelle-Calédonie, nous préparions alors, en tant que membres de la commission des finances de l’Assemblée nationale, le rapport d’information sur la mise en application de la loi pour le développement économique des Outre-mer, la LODEOM. Votre accueil avait été chaleureux et les échanges avec les responsables politiques comme économiques fructueux et très enrichissants. J’ai ainsi encore présentes en mémoire les images de vos deux usines métallurgiques où je m’étais alors rendu : ces visites m’avaient permis de mieux comprendre toute l’importance du nickel dans votre économie. Je me réjouis de poursuivre aujourd’hui le fil de ce dialogue, dans le cadre, bien sûr, de responsabilités différentes pour beaucoup d’entre nous.   

      Pour répondre aujourd’hui aux questions sur l’avenir, il vous faut avant tout poursuivre les efforts engagés par la Nouvelle-Calédonie pour former sa jeunesse à l’exercice de nouvelles responsabilités, politiques, économiques et sociales. La réussite de cette jeunesse est aussi la plus forte promesse pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.   

      Son cadre politique, vous allez le définir, ensemble, en  prolongeant la démarche réaliste, progressive et consensuelle, qu’avaient adoptée les signataires des accords de Matignon puis de Nouméa. Elle doit demeurer votre référence au cours de ce cycle qui s’est ouvert, il y a un peu moins d’un an, avec l’élection du quatrième Congrès. Et comme depuis 27 ans, vous pouvez compter sur la présence à vos côtés de l’Etat, un Etat qui assumera toutes ses responsabilités mais uniquement ses responsabilités.   

    Lorsque le Président de la République a évoqué, lors de sa visite, un Etat « équidistant », certains y ont vu le risque d’un désengagement politique. Il n’en est rien et je peux vous assurer, au nom de la Représentation nationale, que l’Etat ne se désengage pas de ce processus ni ne s’en désintéresse. Mais il considère qu’il ne lui appartient pas de décider à votre place ce que sera la prochaine architecture institutionnelle de la  

    Nouvelle-Calédonie. Pleinement signataire de l’accord de Nouméa, il estime que son premier rôle est de s’assurer que les conditions du dialogue sont réunies et sincères, et de vous accompagner pour que la volonté des Calédoniens qui auront à se prononcer soit incontestable et incontestée.    

    C’est en cela qu’il respecte ses engagements et les vôtres, dont il se sent réellement garant, et qu’il se montre respectueux de chaque partie et attentif à ses interrogations et à ses craintes.   

    Je vous le dis sans ambages : l’Etat n’est pas partisan ni « socialiste » comme je l’entends parfois. Il est impartial et c’est justement parce qu’il est impartial, qu’il peut être pleinement engagé à vos côtés et donc qu’il n’est pas simplement attentiste.   

    Non l’Etat n’est pas le simple clerc de notaire de consensus immanents. Je sais bien que dans des temps d’inquiétude – car oui, j’entends ces inquiétudes qui s’expriment et oui, je les comprends -, l’Etat doit être aussi présent. Et qu’il n’y ait aucun doute, il l’est et le sera. Non pour énoncer à votre place les positions communes d’accord, mais pour rassurer,  et pour les faire émerger.   

        Mesdames et messieurs les élus du Congrès, votre territoire est désormais engagé dans une étape décisive et c’est à votre assemblée qu’il  reviendra de décider, à la majorité des trois cinquièmes, d’une date de consultation sur l’accession à la pleine souveraineté du territoire, au cours de cette mandature.  La responsabilité qui est la vôtre est grande. Sans vouloir user de grands mots, elle est même historique.  

    Chaque parti, chaque élu doit aujourd’hui mesurer et assumer, à son niveau, à sa place, cette responsabilité. Chacun a le devoir de poursuivre le chemin exemplaire tracé en 1988, chacun a le devoir de placer l’intérêt de la Calédonie et des Calédoniens au-dessus de tout calcul partisan ou personnel.   

      Cette consultation sur l’autodétermination fait actuellement l’objet de nombreux travaux préparatoires entre l’État et la Nouvelle-Calédonie. Je tiens ici à réaffirmer avec force et détermination que la Représentation nationale entend en suivre attentivement les développements, non pour juger bien sûr mais pour accompagner activement.  

    Parce que la Nouvelle-Calédonie devra une nouvelle fois se réinventer pour mieux s’émanciper, pour éviter que cette histoire ne se joue à huis clos, la responsabilité du Parlement est de demeurer le témoin attentif et indispensable de cette évolution.  

    Depuis plus de trente ans, l’histoire de la NouvelleCalédonie s’est ainsi faite grâce à un double consensus.   

    Au niveau local, l’esprit de consensus implique que chaque camp fasse des concessions en vue de parvenir à un point d’équilibre, comme l’est depuis 1998 l’Accord de Nouméa.   

    Dans l’Hexagone, l’esprit de consensus se manifeste par le fait que les problèmes calédoniens ne font plus depuis longtemps, et c’est heureux et précieux, l’objet de débats – ou pire d’instrumentalisations – à enjeux de politique nationale.  

    Soucieuse de ne pas rester à l’écart du processus de sortie de l’Accord de Nouméa et garante de cet esprit de consensus sans lequel l’avenir de la Nouvelle-Calédonie ne pourra pas s’écrire, la Conférence des Présidents de l’Assemblée nationale a créé, à mon initiative, une mission d’information composée de vingt membres issus de l’ensemble des groupes politiques représentés à l’Assemblée nationale.  

      Cette mission transpartisane entend travailler dans l’esprit d’ouverture et d’écoute qui est traditionnellement celui du Parlement et qui s’est tout particulièrement exprimé lors de l’adoption en juillet 1998 de la loi constitutionnelle transcrivant l’Accord de Nouméa dans notre Constitution.  

    Le rapporteur de cette mission d’information, M. JeanJacques Urvoas qui est aussi président de la commission des Lois, et l’un de ses vice-présidents, M. Philippe Gosselin, qui me font l’honneur de m’accompagner, sont d’ailleurs respectivement issus de la majorité et de l’opposition, soulignant ainsi l’impérieux devoir qui est le nôtre de prolonger l’esprit de consensus ayant présidé à toutes les grandes avancées de l’histoire récente de la NouvelleCalédonie.    

    J’associe à ces mots Dominique Bussereau, président de la mission d’information et qui n’a pu participer à notre visite en raison du débat budgétaire au conseil départemental de la Charente-Maritime qu’il préside, ainsi que René Dosière, dont chacun sait l’attachement indéfectible qu’il porte à votre territoire.   

    Je rappellerai également que cette mission d’information s’inscrit dans le prolongement des travaux menés, depuis le début de la XIIIe législature, par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, dont une délégation composée de son président, M. Jean-Jacques Urvoas, et de deux de ses membres, MM. René Dosière et Dominique Bussereau, s’est rendue en Nouvelle-Calédonie, du 2 au 8 septembre 2013.   

      Par leurs travaux – auxquels je rends ici hommage –, ils ont souhaité aider les Calédoniens à poursuivre ce chemin d’un destin partagé et la Représentation nationale à appréhender au mieux l’expression démocratique de ce choix.  

      Dans cette perspective, l’Assemblée nationale veille particulièrement à nouer et à entretenir avec le Congrès de la Nouvelle-Calédonie des relations de travail privilégiées.  

    J’ai ainsi le plaisir de retrouver Rock Wamytan, ancien président du Congrès, que j’ai eu le plaisir de recevoir à l’Hôtel de Lassay, à l’occasion de la signature de notre convention commune permettant aux fonctionnaires de chacune de nos assemblées de venir se former et échanger alternativement à Paris et à Nouméa. Ce partage d’expérience et cet esprit de dialogue sont plus que jamais nécessaires dans la perspective de l’« après Nouméa ».    

    C’est dans ce même esprit que j’ai accueilli il y a quelques mois, Paul Vakié, Président du Sénat coutumier de Nouvelle-Calédonie, venu me présenter la charte que son institution venait d’adopter comme socle commun des valeurs de la civilisation kanake.  

       Je suis en effet convaincu que le principal enjeu du processus de sortie de l’Accord de Nouméa est non seulement de parvenir à la définition d’une nouvelle organisation politique et institutionnelle, qui ne pourra qu’être visionnaire, mais aussi de rassurer une société et une jeunesse calédoniennes, qui doivent avoir confiance en la volonté intangible de leurs responsables politiques de construire ensemble ce pays. Car il ne faut pas oublier que l’histoire, votre histoire commune, ne s’arrête pas à la définition de cette nouvelle architecture et qu’il n’est pas possible de ne pas penser aux lendemains qui suivront. Car, quel que soit le schéma institutionnel qui sera adopté par les Calédoniens, ils seront forcément différents d’aujourd’hui.   

      Seule l’émergence d’un nouveau consensus permettra demain aux forces politiques du territoire, à vous mesdames et messieurs les élus du Congrès, mais plus largement à l’ensemble des Calédoniens, de poursuivre la communauté de destin, dans laquelle la Nouvelle-Calédonie, sous l’égide de l’État et du Parlement, s’est résolument engagée depuis plusieurs décennies. Cette voie consensuelle n’est certes pas la plus simple à emprunter, mais elle est la plus sage.  

      En cherchant à rapprocher leurs positions sur ce que pourrait être demain l’avenir institutionnel et politique de la Nouvelle-Calédonie, les différentes forces politiques que vous représentez devront offrir à chaque habitant calédonien l’opportunité d’adhérer à un véritable projet de destin partagé quelle qu’en soit la forme juridique.  

      L’approfondissement de cette communauté de destin, préconisée par l’Accord de Nouméa, nécessite que les parties prenantes s’engagent résolument et sans attendre dans la voie du dialogue, afin de permettre à chaque « camp » de confronter pacifiquement les sujets qui les opposent avec la volonté de trouver, sur chacun d’eux, des convergences. Comme je le rappelle régulièrement à l’Assemblée nationale, la Démocratie, ce n’est pas l’invective ni encore moins l’agression, c’est la confrontation des idées,.   

    La réussite de cette entreprise passera également par un développement économique et social plus équilibré, seul capable de répondre aux aspirations de la population et, en particulier, de la jeunesse calédonienne, en limitant les tensions inhérentes à une société plurielle.   

    Mesdames et messieurs les élus, je n’ignore rien de la difficulté de la tâche et de cette responsabilité immense qui vous incombe, à l’heure où la compétition politique, au demeurant légitime en démocratie, ne doit pas pour autant conduire à s’éloigner de l’essentiel.  

      La mandature en cours doit, sans attendre, être mise à profit par l’ensemble des élus calédoniens, par la société civile, par les syndicats et le patronat, mais aussi toutes les forces spirituelles,  pour préparer avec confiance et sérénité l’avenir institutionnel mais aussi économique de la NouvelleCalédonie dans le prolongement de l’Accord de Nouméa. 

      L’Assemblée nationale y prendra toute sa part ; elle aura d’ailleurs à examiner avant la fin du mois de juillet de cette année un projet de loi organique, dont l’objet est de créer toutes les conditions nécessaires au bon déroulement de la consultation de la Nouvelle-Calédonie sur l’accession à la pleine souveraineté.  

      Ce texte veille notamment à permettre au plus grand nombre de Calédoniens, conformément au vœu du XIIe comité des signataires de l’Accord de Nouméa, réuni le 3 octobre 2014 sous la présidence du Premier ministre, de participer, sans démarches contraignantes, à cette consultation.  

      Je n’ignore pas que le Congrès devant lequel je m’exprime en ce moment, a émis sur ce texte, dans un avis rendu le 26 mars dernier, plusieurs réserves. Celles-ci présentent, à mes yeux, le mérite de souligner combien toutes les attentes exprimées lors du dernier Comité des signataires n’ont pu être satisfaites, notamment pour des raisons juridiques. Mais elles posent aussi les jalons des discussions à venir.   

    Comme le Premier ministre, Manuel Valls, en a pris l’engagement, le débat parlementaire qui va s’ouvrir au Sénat puis à l’Assemblée nationale sera mis à profit, dans un esprit de dialogue et d’ouverture, pour lever ce qui aujourd’hui apparaît à certains d’entre vous comme des obstacles juridiques importants. Je compte m’y investir personnellement.   

    Le Parlement aura l’occasion d’examiner celles des recommandations formulées par le Congrès susceptibles de faire l’objet d’un très large accord entre les partenaires calédoniens. Et il usera naturellement de tout son pouvoir législatif pour permettre à un texte d’accord d’émerger. Cet engagement, je prends ce matin devant vous.  

     Je sais que vos deux députés, Philippe Gomès et Sonia Lagarde, sauront faire entendre ces préoccupations. Pour ne rien vous cacher, ils connaissent parfaitement le chemin de mon bureau et n’hésitent pas à régulièrement franchir ma porte pour me parler librement. J’imagine qu’il en sera de même pour vos sénateurs, Pierre Frogier et Hilarion Vendégou.   

      Que personne ne se méprenne : les avis juridiques éclairent le Gouvernement et le Législateur dans leur travail et dans leur réflexion mais ils ne sont pas la Loi. Mais une loi ne peut s’écrire en ignorant le droit, au risque de ne pas être la loi de tous, la loi de chacun.   

      Quels que soient les choix institutionnels et politiques qui seront faits et que vous seuls serez amenés à faire, la Représentation nationale se montrera attachée à la nécessité de rassurer la société calédonienne sur le caractère irréversible d’un avenir commun et partagé entre toutes les communautés qui font ce territoire et à la nécessité de produire un texte dans lequel chaque Calédonien puisse trouver l’expression de cet attachement.   

    Vous l’aurez donc compris, il est, à mes yeux, essentiel que, dans la période qui s’ouvre, un véritable débat puisse s’instaurer dans toute la société et permettre l’expression démocratique de toutes les parties prenantes sur les choix à venir. Ce débat exige de tous sérénité et responsabilité.    

    Comme le Président de la République, M. François Hollande, vous l’a affirmé le 17 novembre 2014 lors de sa venue en Nouvelle-Calédonie, « la solution, personne ne la connaît encore. C’est vous qui allez la formuler. Et la France sera à vos côtés (…) aussi longtemps que la Nouvelle-Calédonie le voudra ».  

    Cette solution institutionnelle qu’il vous revient désormais d’inventer et qui constituera le nouvel avenir de la Nouvelle-Calédonie ne pourra – j’en suis convaincu – être qu’inédite à l’image de l’histoire singulière de ce territoire qui, par ses forces et ses richesses, ne laisse définitivement personne indifférent.   

    Avec vous, voisins de l’Australie, aux portes de l’Asie à l’heure de ce formidable basculement du monde, la France est aujourd’hui un acteur de cette mer partagée qu’est le  Pacifique.   

    Depuis que je suis président de l’Assemblée nationale, je reçois chaque semaine des délégations étrangères. Le message que j’entends de mes interlocuteurs, comme il y a deux semaines le président de la Chambre des représentants de Nouvelle-Zélande, c’est que la voix de la France est entendue, est attendue.    

    La France, vous le savez, accueillera en décembre la prochaine conférence des Nations-Unies sur le changement climatique, avec une volonté politique très forte. Ici, dans le Pacifique sud, certains Etats sont parmi les plus directement concernés par l’urgence climatique.   

    L’Assemblée nationale accueillera en décembre, sur la proposition de Philippe Gomès et dans le contexte de la COP21, un colloque sur l’avenir de votre récif corallien, le deuxième au monde, inscrit au patrimoine mondial de  

    l’humanité et aujourd’hui en belle santé. Ce fut ainsi en 2008 le premier espace naturel français outre-mer ainsi inscrit par l’UNESCO.     

    Grâce à l’impulsion du Gouvernement de la Nouvelle Calédonie, et derrière lui celui de la France toute entière, une véritable réflexion commune s’est construite au niveau régional avec Océania 21.  Je souhaite que le développement durable et les enjeux climatiques puissent être désormais au cœur de la relation entre la France et les Etats de l’Océanie et du Pacifique Sud.   

    Je me réjouis en effet de voir combien l’image de la France a positivement évolué dans cette région.  

       Les ombres du passé se sont effacées, et le message de la France, son message historique si particulier, celui de la République, celui des Lumières porte enfin de nouveau.  

         Il porte et il continuera de porter bien sûr tout particulièrement depuis votre terre car la France sera toujours à vos côtés, avec vous autant que vous le souhaiterez.   

       Vive la Nouvelle-Calédonie, vive la République et vive la France.

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  • Communiqué du Groupe UC-FLNKS et Nationalistes sur la venue de Claude Bartolone.

     

     
        22 avril 2015
    COMMUNIQUE 
     
    Profitant de la venue sur le territoire d’une mission de l’Assemblée nationale menée par son président Claude Bartolone, les partis politiques non-indépendantistes ont appelé la population à manifester ce vendredi 24 avril 2015, pour « réaffirmer leur volonté de rester français et pour dire « non à l’indépendance » ». Cette manifestation se fait aussi et surtout, dans le contexte de modification de la loi organique sur la composition des commissions administratives spéciales et la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté, puisqu’il y a presque un mois, le Congrès de la Nouvelle-Calédonie a rendu son avis sur l’avant-projet proposé par l’Etat.
    Le Groupe UC-FLNKS et Nationalistes souhaite s’adresser à la population pour lui faire part une nouvelle fois de sa position. En effet, nous souhaitons que seules les personnes ayant ou ayant eu le statut coutumier, de même que les électeurs ayant participé à la consultation du 8 novembre 1998 approuvant l’Accord de Nouméa, puissent être inscrits automatiquement sur la liste spéciale pour la consultation. Nous estimons par contre, qu’il existe un contentieux sur la composition actuelle de la liste spéciale des élections provinciales et de ce fait nous considérons que l’inscription automatique des natifs n’est pas envisageable.
    Toutefois, il ne s’agit en aucun cas d’empêcher ceux qui remplissent les critères requis par la loi de voter pour les provinciales et pour la consultation sur l’accession du pays à la pleine souveraineté. Néanmoins, nous rappelons que nous sommes dans un processus de décolonisation, que cette consultation est demandée par les indépendantistes depuis plusieurs décennies, et que la population concernée a été définie et acceptée par tous les partis. Il n’est donc pas souhaitable de revenir sur les accords passés scellés par une poignée de mains voulue mythique notamment par les partis non-indépendantistes.
    Il convient de rappeler de plus, que le gouvernement français, qu’il soit de droite ou de gauche, n’a jamais été pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie car si c’était le cas, le pays le serait déjà et depuis longtemps. Rappelons aussi que les leaders indépendantistes assassinés l’ont été sous un gouvernement de gauche.
    Qu’il s’agisse de François Hollande, de Nicolas Sarkozy, ou plus antérieurement de François Mitterrand, tous ont déclaré, avec plus ou moins de transparence, que la Nouvelle-Calédonie doit rester française. Prétendre le contraire relève de la désinformation et de la manipulation des foules.
    La position du Groupe UC-FLNKS et Nationalistes est simplement d’exiger le respect et l’application des critères des corps électoraux pour l’établissement des listes électorales spéciales, par tous les partenaires de l’Accord de Nouméa, y compris l'Etat. 
     
    Pour le Groupe UC-FLNKS et Nationalistes, 
     
    Le président Roch Wamytan

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